Paraguay - Six personnes inculpées dans l'incendie d'un magasin

Pio Paiva, l’une des six personnes inculpées.
Photo: Agence Reuters Pio Paiva, l’une des six personnes inculpées.

Asunción — Six personnes, dont le propriétaire du centre commercial accusé d'homicide involontaire, ont été inculpées dans l'enquête sur l'incendie de dimanche, qui a causé la mort d'au moins 464 personnes à Asunción, la capitale du Paraguay, selon les médias locaux. Le pays achevait hier son deuil de trois jours.

Pendant que l'instruction se poursuit, les fouilles dans les décombres continuent et des dizaines de familles recherchent toujours leurs proches, brandissant des photos, posant des questions à la ronde, errant d'hôpitaux en morgues. Des psychologues volontaires circulent parmi les familles tandis que des médecins légistes appellent certaines personnes à fournir échantillons de sang, dossiers dentaires et radios pour faciliter l'identification des victimes.

Sur les 464 corps retrouvés, 325 avaient été identifiés mardi soir. Quatre cent neuf personnes restent hospitalisées. Les funérailles s'enchaînent dans toute la capitale, où la tension est forte: un autre supermarché a été évacué mardi à la suite d'une alerte à la fuite de gaz.

Les fleuristes sont à cours d'oeillets et de roses, les cimetières débordés ont fait appel à des employés supplémentaires ou même, selon des médias locaux, demandé aux familles en deuil si elles pouvaient faire enterrer leurs proches ailleurs. Le Paraguay a du mal à faire face à la catastrophe mais les autorités sont déterminées à faire la lumière sur ses causes.

Le juge Pedro Dario Portillo a ainsi inculpé mardi six personnes à la suite des déclarations d'un vigile qui affirme avoir reçu l'ordre par radio de fermer les issues dimanche quand le sinistre s'est déclaré, afin d'empêcher les clients de partir sans payer, d'après la télévision Channel 13. De nombreuses victimes ont ainsi péri, bloquées. Le garde ignore qui lui a parlé, selon le procureur instructeur Edgar Sanchez. Les enquêteurs recueillent les témoignages sur cette question. Les autorités judiciaires n'ont pas fait de commentaires sur les inculpations.

Juan Pio Paiva, patron du magasin avec son fils Victor Daniel, dément que les portes aient été délibérément closes et assure que les locaux étaient conformes aux normes de sécurité. «J'ai la conscience claire!», a-t-il crié mardi lors de son transfert au pénitencier de Tacumbu, à l'ouest d'Asunción. Channel 13 affirme aussi qu'un de ses associés et quatre vigiles sont inculpés, tandis que Victor Daniel attend d'être fixé sur son sort.