Paraguay - Le bilan de l'incendie du magasin s'élève à 423 morts

Asunción — Le dernier bilan de l'incendie d'un supermarché d'Asunción faisait état hier de 423 morts, alors que des responsables ont confirmé qu'un vigile avait reçu l'ordre par radio de fermer les portes du magasin afin d'empêcher les clients de partir sans payer.

Le parquet paraguayen, qui a annoncé le nouveau bilan, a précisé que 139 personnes étaient toujours portées disparues et que 451 autres avaient été blessées dans l'incendie de dimanche.

Le procureur Edgar Sanchez a par ailleurs déclaré qu'un garde avait reconnu avoir reçu l'ordre par radio de fermer les portes, mais sans savoir de qui provenait cette directive.

«Le vigile [...] affirme dans sa déposition qu'il a reçu l'ordre par radio de fermer les portes et il l'a fait», a déclaré Edgar Sanchez, relançant la polémique née des déclarations de nombreux survivants qui affirment que les issues du magasin ont été fermées une fois que le feu s'est déclaré.

Un juge a questionné hier le gérant du supermarché, son fils et quatre vigiles. Il devait décider en soirée de les inculper ou non pour meurtres.

Selon les autorités, le sinistre a été déclenché par une explosion due au gaz près du rayon alimentaire.

Dons

Les offres d'assistance et les dons ont afflué du monde entier pour soutenir le Paraguay après la tragédie.

L'Argentine, le Brésil, l'Espagne, l'Allemagne, la France, les États-Unis, le Mexique, le Chili, l'Uruguay et la Bolivie, de nombreux pays se sont mobilisés pour aider le Paraguay, petit pays de six millions d'habitants dont au moins 20 % de la population vit sous le seuil de la pauvreté.

L'Allemagne a annoncé hier l'acheminement rapide de matériel médical (peau artificielle pour grands brûlés notamment) et une première aide de 15 000 euros (un peu moins de 24 000 $CAN) en coordination avec la Croix-Rouge. L'organisation catholique allemande d'aide à l'Amérique latine Adveniat a indiqué que les fidèles de plus de 13 000 églises du pays vont se mobiliser cette semaine pour récolter des dons.

Après l'envoi par l'Argentine dès dimanche d'ambulances, de médicaments et de médecins par voie terrestre et de 15 médecins dans trois avions lundi, le ministre de la Santé Gines Gonzalez García a indiqué que ce personnel dirigé par le chef des urgences sanitaires Carlos Sanguinetti restera «le temps nécessaire».

Buenos Aires souhaite «faire tout son possible pour aider les plus de 250 personnes blessées, pour qu'elles bénéficient d'un traitement correct et aient le moins de séquelles possibles», selon lui. «Pour le moment, on nous a demandé des médicaments en plus mais pas de traiter des blessés hors du Paraguay», a expliqué le ministre.

Cuba

Trois Argentins de 21, 23 et 34 ans ont été blessés mais leurs jours ne sont pas en danger. Plusieurs organisations basées en Argentine (Red Solidaria, Asociación de Damas Paraguayas, Club Atletico Paraguayo, la chaîne de télévision privée Multicanal), où la communauté paraguayenne est nombreuse, ont indiqué avoir reçu de nombreux dons qui vont être envoyés à Asunción.

Cuba a aussi tendu la main au Paraguay hier, le président Fidel Castro proposant l'acheminement de spécialistes et des médicaments pour prêter main-forte aux dizaines de médecins cubains effectuant déjà des missions au Paraguay depuis l'établissement de relations diplomatiques en 1999.

L'Espagne a débloqué lundi une aide d'urgence d'un montant de 100 000 euros (environ 159 000 $CAN) pour financer du matériel médical et le soutien psychologique aux familles des victimes et a envoyé une équipe d'experts en anthropologie médico-légale et en ADN pour aider à identifier les cadavres.

Une proposition d'assistance est aussi venue de la France: le président Chirac a indiqué avoir «demandé au gouvernement d'examiner sans délai et en liaison avec [le Paraguay] les modalités d'une aide d'urgence en faveur des victimes et de leurs familles».

Le président américain George W. Bush a indiqué que l'ambassade américaine à Asunción et «d'autres agences du gouvernement fédéral américain travaillent en étroite collaboration avec les responsables paraguayens pour identifier l'aide d'urgence que nous pouvons fournir».

Même la Bolivie

Le Chili a dépêché sur place deux avions transportant une vingtaine de médecins et infirmières, des médicaments, du sang, du plasma et sérum physiologique pour les grands brûlés, et un hôpital de campagne pour décongestionner les établissements d'Asunción. Six experts chiliens en identification de victimes sont aussi arrivés à Asunción.

Le Brésil a participé au mouvement avec un avion et des médecins, l'Uruguay a fait parvenir 14 médecins spécialisés, des infirmières et des respirateurs artificiels et a réservé des chambres dans son unité pour grands brûlés, considérée comme l'une des meilleures de la région.

La Bolivie, le pays le plus pauvre d'Amérique latine, a aussi voulu participer à cet élan de solidarité avec une cargaison de médicaments.