​Décès de Lise Denis: «une perte immense» pour le réseau de la santé

Lise Denis en 2012
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Lise Denis en 2012

Après avoir consacré une part importante de sa carrière à défendre l’autonomie et la « décentralisation » du réseau de la santé, Lise Denis s’est éteinte le 12 mai à l’âge de 72 ans, mais son legs important demeure, soulignent d’anciens collègues et amis.

Après un bref passage comme ministre déléguée à la Condition féminine au sein du gouvernement de Pierre Marc Johnson, en 1985, Mme Denis se démarque surtout par la suite par le biais de son implication dans le réseau de la santé. Elle occupera notamment le poste de directrice générale à l’Association des centres de services sociaux du Québec, puis à la Régie régionale de la santé et des services sociaux de Laval, avant de devenir sous-ministre au sein du ministère de la Santé et des Services sociaux, en 1998.

Jean Rochon, qui était alors ministre de la Santé dans le gouvernement de Lucien Bouchard, se souvient de « l’engagement social très fort » de Mme Denis. En plus de défendre bec et ongles la « décentralisation » du réseau de la santé, elle s’est aussi impliquée à l’époque pour une amélioration de l’offre de soins à domicile pour les personnes âgées, souligne-t-il.

« Elle compte parmi les personnes qui ont contribué de façon notable au développement du système de santé et à la vision à l’époque d’un réseau de santé décentralisé et qui mettait l’accent sur la participation citoyenne », ajoute-t-il en entrevue au Devoir. 

Elle compte parmi la génération des bâtisseurs du Québec.

  

« Une perte immense »

Après avoir occupé à partir de 2001 le poste de protectrice des usagers de la santé, Lise Denis devient en 2005 directrice générale de l’Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux (AQESSS). Son dévouement pendant sept ans au sein de cette organisation contribuera à rendre le réseau de la santé plus accessible et performant. Le gouvernement la décore d’ailleurs en 2013 de l’insigne de chevalière de l’Ordre national du Québec afin de saluer son travail.

Par la suite, Mme Denis continue son œuvre, entre autres à titre de conseillère spéciale dans les dossiers santé chez Tact-Intelligence-Conseil. Elle critiquera d’ailleurs fortement la réforme de l’organisation et de la gouvernance du réseau de la santé qu’entame en 2015 l’ancien ministre de la Santé Gaétan Barrette. Dans nos pages, elle déplorera en 2017 que celle-ci ait eu pour effet de centraliser les pouvoirs en matière de santé et de services sociaux entre les mains du gouvernement du Québec.

« Son cheval de bataille, c’était beaucoup l’autonomie des établissements », souligne également la Dre Michèle Pelletier, qui a travaillé pour Mme Denis au sein de l’AQESSS avant devenir son amie par la suite. Au-delà de son engagement social, elle se remémore la générosité, l’écoute et la joie de vivre de Mme Denis.

« C’était une femme qui était célèbre au Québec, mais qui était d’une grande simplicité dans la vie quotidienne. Elle était très facile d’approche », ajoute-t-elle.

« C’est une perte immense », laisse tomber au bout du fil la directrice générale de la Fondation Olo, Élise Boyer. Mme Denis s’impliquait depuis quelques années au sein du conseil d’administration de cette fondation, qui soutient des familles en situation de vulnérabilité. Son mandat devait d’ailleurs être prolongé de deux ans prochainement, indique Mme Boyer. Ainsi, le décès de Lise Denis a pris « tout le monde de court », confie-t-elle.

Le legs de Mme Denis demeure, cependant, estime Jean Rochon. « Elle compte parmi la génération des bâtisseurs au Québec », souligne-t-il.

Les funérailles de Mme Denis auront lieu dimanche au Centre funéraire de Côte-des-Neiges.

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