Plainte déposée contre l’infirmière qui a proféré des insultes racistes à Joyce Echaquan

L’infirmière détient actuellement toujours son droit de pratique. On ne sait pas encore quelle sanction sera recommandée.
Photo: Douglas Magno Agence France-Presse L’infirmière détient actuellement toujours son droit de pratique. On ne sait pas encore quelle sanction sera recommandée.

Huit mois après le décès de Joyce Echaquan, une plainte a été déposée devant le conseil de discipline de l’Ordre des infirmières et des infirmiers du Québec (OIIQ) contre l’infirmière qui a proféré des insultes racistes à la femme atikamekw, a appris Le Devoir.

La plainte, découlant de l’enquête menée par le bureau du syndic de l’OIIQ, stipule que l’infirmière a « fait preuve de violence verbale envers une cliente » et « a fait preuve de négligence dans les soins et traitements prodigués à une cliente, en ne procédant pas à l’évaluation requise par son état de santé ».

L’infirmière détient actuellement toujours son droit de pratique. On ne sait pas encore quelle sanction sera recommandée. L’enquête de l’OIIQ demeure à ce stade-ci confidentielle et la date de l’audience devant le conseil de discipline n’a pas encore été fixée.

Une ordonnance de non-publication émise par la coroner Gehane Kamel interdit la divulgation du nom de l’infirmière mise en cause.

C’est cette infirmière qui a prononcé la plupart des commentaires dégradants entendus dans la vidéo diffusée en direct par Joyce Echaquan le 28 septembre 2020 de l’hôpital de Joliette. On l’entendait notamment dire : « ça là, c’est mieux mort ça », « t’as-tu [fini] de niaiser là ! », « heille t’es épaisse en câlisse », « ben meilleur pour fourrer que d’autre chose ça / surtout que c’est nous autres qui payons pour ça ».

Dans les heures qui ont suivi cette salve d’insultes, la mère atikamekw de sept enfants est décédée. Quelques jours plus tard, l’infirmière et une préposée aux bénéficiaires — que l’on entendait également dans la vidéo — ont été renvoyées par le CISSS de Lanaudière.

Excuses

La semaine dernière, lors de son témoignage à l’enquête publique de la coroner visant à faire la lumière sur la mort de Joyce Echaquan, l’infirmière s’est excusée à maintes reprises à la famille de la défunte.

« Je m’excuse, je ne voulais pas de mal, a-t-elle dit. Je m’excuse à la famille et à mes confrères de travail. J’ai pas fait exprès. Ce n’est pas moi. »

L’infirmière a indiqué qu’elle n’était « pas raciste », mais plutôt « à boutte ». Elle a pointé du doigt la surcharge de travail et l’exaspération pour expliquer ce dérapage, affirmant qu’il s’agissait d’un événement isolé dans son parcours.

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