La grève est évitée dans l’industrie de la construction

La question de l’application mobile avec géolocalisation sur le téléphone portable des travailleurs, le cœur du litige, a été remise entre les mains d’un comité bipartite.
Photo: Associated Press La question de l’application mobile avec géolocalisation sur le téléphone portable des travailleurs, le cœur du litige, a été remise entre les mains d’un comité bipartite.

Une entente de principe est finalement intervenue dans l’industrie de la construction, a confirmé mercredi soir l’une des associations patronales, l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), permettant ainsi d’éviter la grève.

« Félicitations à tous les acteurs patronaux et syndicaux de l’industrie de la construction. Les ententes négociées sont toujours les meilleures. Votre travail intensif nous a permis d’éviter une grève et vous pouvez en être fiers », s’est réjoui sur Twitter le ministre du Travail et de l’Emploi, Jean Boulet.

Répercussions économiques

L’entente de principe sur le renouvellement des conventions collectives touche à la fois les salaires et les avantages sociaux, notamment le régime de retraite et les assurances collectives. L’APCHQ a assuré que l’entente touchait les quatre sous-secteurs de l’industrie, et pas seulement le sien.

Jointe en soirée, l’Alliance syndicale n’a toutefois pas voulu émettre de commentaires. Regroupant les cinq syndicats qui sont reconnus dans l’industrie, elle pouvait déclencher la grève à 12 heures d’avis, puisque les conventions collectives sont échues depuis le 30 avril et que la médiation, qui a pris fin à la même date, n’a pas été renouvelée.

La grève est donc évitée. L’industrie compte 190 000 travailleurs ; une grève illimitée aurait eu d’importantes répercussions économiques, alors que le Québec est en pleine relance économique.

« On est soulagés. On est satisfaits ! Tout le monde avait à cœur de faire le nécessaire pour éviter un conflit qui aurait eu des conséquences graves pour l’industrie, pour l’économie, pour les ménages », a commenté en entrevue François Bernier, vice-président principal affaires publiques à l’APCHQ.

Voie de passage

La question de l’application mobile avec géolocalisation sur le téléphone portable des travailleurs — le cœur du litige — a été remise entre les mains d’un comité bipartite.

Elle permet à l’employeur d’enregistrer les heures d’arrivée et de départ des travailleurs grâce à la géolocalisation activée sur le téléphone.

« Ç’a été la voie de passage » pour parvenir à une entente avec l’Alliance syndicale, a illustré M. Bernier. Le comité aura « quelques mois » pour trouver une façon de l’intégrer aux conventions collectives, a-t-il précisé.

L’Alliance syndicale s’opposait à l’utilisation de ces applications avec géolocalisation sans encadrement, craignant pour la vie privée des travailleurs. Elle avait fait valoir qu’un projet de loi actuellement à l’étude vise justement à clarifier les règles en matière de protection des renseignements personnels.

Ce sont quatre conventions collectives pour 2021-2025 qui devaient être négociées avec les associations patronales, couvrant les secteurs résidentiel, génie civil et voirie, industriel ainsi que commercial et institutionnel.

Des assemblées seront tenues de part et d’autre afin de présenter l’entente de principe aux membres des associations patronales et syndicales qui devront se prononcer.

L’Alliance syndicale regroupe, par ordre décroissant du nombre de membres : la FTQ-Construction, le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International), le Syndicat québécois de la construction, la CSD-Construction et la CSN-Construction.

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