«Pour l’instant, il n’y a rien qui va bouger», répond Guilbault sur ​la fusion des corps policiers

Les membres du comité consultatif sur la réalité policière ont formulé 138 recommandations, dont certaines entraîneraient l’abolition de dizaines de corps policiers, pour qu’il n’en reste que 13 dans l’ensemble du Québec.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Les membres du comité consultatif sur la réalité policière ont formulé 138 recommandations, dont certaines entraîneraient l’abolition de dizaines de corps policiers, pour qu’il n’en reste que 13 dans l’ensemble du Québec.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, n’entend pas fusionner des corps policiers ni intégrer l’Unité permanente anticorruption (UPAC) à une unité spécialisée en cybercriminalité et crimes économiques.

« Pour l’instant, il n’y a rien qui va bouger à court, moyen terme », a-t-elle statué mercredi matin, en indiquant que le nombre de corps policiers allait être maintenu à 31 sur le territoire québécois. Quant à l’UPAC, elle « va demeurer telle quelle, finir sa réorganisation », a ajouté l’élue.

Mardi, les membres du comité consultatif sur la réalité policière ont formulé 138 recommandations, dont certaines entraîneraient l’abolition de dizaines de corps policiers, pour qu’il n’en reste que 13 dans l’ensemble du Québec. Ils ont aussi proposé que l’UPAC intègre une escouade spécialisée en cybercriminalité et crimes économiques pour mettre fin au « travail en silo » et favoriser la mise en commun d’expertises.

Or, de l’avis de la ministre Guilbault, le projet de loi ayant permis la nomination du commissaire de l’UPAC par un vote aux ⅔ à l’Assemblée nationale et celui accordant à l’UPAC les moyens de nommer ses propres enquêteurs doivent dans un premier temps montrer leurs effets. « On a fait deux projets de loi, ce n’est pas pour, après ça, tout changer ça et défaire ça », a-t-elle plaidé. L’UPAC étant « relativement jeune » et dirigée par un nouveau commissaire depuis 2019, « il faut lui laisser le temps », croit-elle.

À plus long terme cependant, la ministre « ne ferme pas la porte » à l’idée proposée dans le livre vert. Elle a cependant ajouté qu’elle ignorait quelle avenue privilégier, entre un élargissement du mandat de l’UPAC ou son intégration à une unité spécialisée.

Quant à la refonte de la carte policière recommandée par les membres du comité, elle demande encore à être « documentée et chiffrée », a souligné Mme Guilbault. Pour cela, elle prévoit entreprendre des discussions avec les services policiers et les municipalités. À « court terme » cependant, le nombre de corps policiers va demeurer à 31, a-t-elle insisté.

Geneviève Guilbault s’est en revanche dite ouverte à ce que Québec crée une escouade spécialisée dans la recherche de personnes disparues. « J’envisage qu’il y en ait une et ma réflexion est à plus de 50 %. J’ai eu plusieurs discussions, et je pense que ça pourrait être une bonne idée », a-t-elle déclaré.

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