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La fermeture volontaire des portes aurait empiré les choses - Le Paraguay est en état de choc après l'incendie d'un supermarché

Les parents d’une victime de l’incendie expriment leur peine sur le tombeau d’un disparu.
Photo: Agence Reuters Les parents d’une victime de l’incendie expriment leur peine sur le tombeau d’un disparu.

Asunción — Le Paraguay restait hier sous le choc causé par la mort de près de 300 personnes brûlées vives la veille dans un supermarché bondé de la banlieue d'Asunción — une des pires catastrophes qu'ait connues le petit pays d'Amérique du Sud depuis plus de 80 ans.

Les enquêteurs estiment que le sinistre a été déclenché par l'explosion de bonbonnes de gaz, mais ils travaillent sur l'hypothèse que la gravité du bilan est due à la fermeture des portes du magasin par ses gérants pour éviter que la clientèle ne se livre à des pillages. «Plusieurs témoins ont vu qu'ils fermaient les portes et nous pouvons confirmer en outre que la sortie de secours avait été bloquée», a déclaré à Reuters le chef de la police nationale, Humberto Nuñez.

Garde à vue

Trois gérants du supermarché Ycua Bolanos et trois vigiles sont actuellement en garde à vue, mais ils nient que les portes du magasin aient été verrouillées lors de l'incendie, qui s'est déclaré dimanche à l'heure du dîner au rayon alimentaire au moment où les locaux étaient bondés.

L'intensité du feu a été telle qu'il a ravagé le stationnement situé sous le magasin et que plusieurs corps carbonisés ont été retrouvés dans des véhicules calcinés.

«Pour le moment, nous comptons 276 morts, dont 131 ont été identifiés et remis à leurs familles», a dit Humberto Nuñez. Mais les sauveteurs continuent de fouiller les décombres à la recherche d'autres cadavres. En outre, une bonne partie des brûlés sont dans un état désespéré, ce qui laisse penser que le bilan définitif sera plus lourd.

Pays de six millions d'habitants, le Paraguay a décrété hier une journée de deuil national. Administrations et établissements scolaires ont gardé portes closes.

En revanche, les hôpitaux étaient débordés devant l'afflux des brûlés et des intoxiqués. L'Argentine voisine a dépêché d'urgence un gros porteur Hercules chargé de médicaments et de pansements.

Le quotidien Ultima Hora (La Dernière Heure) a écrit hier que ce drame «révèle nos insuffisances en ressources humaines et en infrastructures pour gérer une telle catastrophe».

Le pape Jean-Paul II a adressé ses condoléances aux évêques du Paraguay, pays à forte majorité catholique. Pour sa part, le président Nicanor Duarte Frutos a promis que «les responsables du drame subiraient toute la rigueur de la loi».

Condoléances de Bush

De Washington, le président américain George W. Bush a exprimé hier ses condoléances aux familles des victimes de l'incendie d'un centre commercial d'Asunción, qui a fait au moins 340 morts, et il a offert l'assistance des États-Unis.

«Le président Bush souhaite offrir sa plus profonde sympathie et ses condoléances au peuple du Paraguay pour l'incendie tragique d'un supermarché d'Asunción qui a provoqué la mort de plus de 300 personnes et en a blessé de nombreuses», a indiqué la Maison-Blanche dans un communiqué.

«L'ambassade des États-Unis à Asunción et d'autres agences du gouvernement fédéral américain travaillent en étroite collaboration avec les responsables paraguayens pour identifier l'aide d'urgence que nous pouvons fournir», ajoute-t-on de même source.