Bangladesh - La déforestation et l'urbanisation aggravent les inondations

Dhaka — Les violentes pluies de la mousson et les crues des cours d'eau ont inondé les deux tiers du Bangladesh depuis juin, faisant plus de 500 morts. Une catastrophe en grande partie liée à la déforestation et à l'urbanisation, soulignent les experts.

Le Bangladesh se situe dans une plaine inondable et le débordement annuel de ses cours d'eau, alimentés par la mousson et la fonte des neiges de l'Himalaya, est naturel. Mais la déforestation de montagnes lointaines aggrave le phénomène, provoquant l'envasement des fleuves censés canaliser les inondations pour les évacuer vers le golfe du Bengale.

Il y a aussi la croissance démographique qui entraîne une demande de logements et de routes supplémentaires. Les promoteurs immobiliers ont donc rempli des lacs et des canaux qui permettaient auparavant d'orienter la pluie et les eaux usées vers les fleuves.

Eau malpropre

Des systèmes d'évacuation des eaux usées inadaptés et mal entretenus compliquent encore la situation. L'eau qui inonde actuellement 40 % de Dhaka, la capitale, est ainsi mélangée avec les rejets d'égout et est donc impropre à la consommation.

Cernée par neuf cours d'eau, Dhaka ne possède que 54 pompes, soit la moitié de ses besoins, pour tenter d'évacuer l'eau. Quand les trois quarts de la ville se sont retrouvés sous les eaux en 1988, les autorités ont commencé à construire des digues autour de la ville. Mais les travaux ont été interrompus, faute d'argent.

Aujourd'hui, une digue de 22 kilomètres protège uniquement l'ouest de Dhaka, alors que, dans l'est de la ville, on a de l'eau jusqu'à la taille...

L'essentiel du pays est constitué par le delta du Gange, du Brahmapoutre et de la Meghana et est parcouru par 250 cours d'eau. De légères hausses du niveau de la mer, qui pourraient être accélérées par le réchauffement climatique, risquent également d'avoir de fâcheuses conséquences pour le Bangladesh.

En 1988 et 1998, les inondations ont recouvert de 60 % à 70 % du pays lors de la période août-septembre. Les experts craignent que les inondations dévastatrices ne se poursuivent dans le pays, à moins que le Bangladesh, l'Inde et le Népal ne coopèrent dans la gestion des fleuves qu'ils ont en partage.