La «super lune des super lunes» dans le ciel de mercredi

Le bal des astres propose tout un spectacle au cours des prochains jours : une super lune, une super éclipse lunaire et une éclipse solaire animeront tour à tour la voûte céleste. Mais les Québécois n’auront malheureusement droit qu’à une version édulcorée de ces phénomènes rares.

D’abord, le monde pourra contempler mercredi soir une des plus grosses pleines lunes observables depuis la Terre.

« La Lune tourne évidemment autour de la Terre, mais la forme de l’orbite n’est pas un cercle parfait, c’est plutôt une ellipse », explique en entrevue l’astrophysicien Robert Lamontagne. Lorsque la Lune est à son plus loin de la surface terrestre, autrement dit à son « apogée », quelque 406 000 kilomètres séparent les deux masses. À son plus près de la Terre, la Lune est située à environ 356 000 kilomètres. On dit qu’elle est alors à son « périgée ».

Un périgée a lieu à 21 h 53, mardi soir, tandis que la lune sera pleine dans la nuit de mercredi à jeudi. Cette coïncidence à quelques heures d’intervalle crée le phénomène de « super lune ».

« La particularité cette semaine, c’est le fait que la phase de la pleine lune se produit alors que la Lune est presque à son plus près. Elle sera à un peu plus de 357 000 kilomètres de nous, soit à peine 1000 kilomètres du plus près possible. Je dirais que c’est la super lune des super lunes. »


Puisqu’il sera si près de la Terre, le disque d’argent paraîtra 7 % plus grand dans le ciel et sera forcément plus brillant. Si la météo voile le firmament le soir de cette super lune, les Terriens pourront tout de même constater l’effet lumineux au sol dans les jours qui suivent cette pleine lune. Le phénomène ira simplement en s’estompant.

Anecdotique

Hasard encore plus rare, cette période de super lune concorde avec celle d’une éclipse lunaire totale. « L’alignement entre le Soleil, la Terre et la Lune va être presque parfait », pour que l’on puisse voir surgir l’ombre de la terre sur la surface de la lune, résume Robert Lamontagne.

Toutes les éclipses de Lune tombent un soir de pleine lune, mais la coïncidence avec une « super lune » crée une « super éclipse », relève de son côté Gilles Joncas, directeur du Département de physique de l’Université Laval. Il précise que l’éclipse commencera vers 7 h 30 du matin, le 26 mai. « [Au Québec], quand on va voir la lune se coucher, elle va être encore dans la pénombre. Elle ne sera pas encore entrée dans l’ombre de la Terre. »

C’est donc dire que le spectacle risque d’être peu éclatant. La scène ne sera vraiment visible que pour les gens de l’ouest du pays, ou encore au Japon et en Australie. « Au milieu du pacifique, c’est parfait », de dire Robert Lamontagne.

Le scientifique estime que cet événement de « super lune » relève de l’anecdote. « On est assez insignifiant d’un point de vue astronomique, alors il n’y a pas d’impacts. Les astrologues vous diront le contraire, mais physiquement, il n‘y a pas d’impact sauf le phénomène des marées qui sera un peu affecté par ça. »

L’alignement entre le Soleil, la Terre et la Lune va être presque parfait

 

Le terme « super lune de sang » revient aussi parfois pour décrire l’aspect coloré de l’astre. Or, la teinte rougeâtre n’est que le produit d’un « phénomène atmosphérique local », similaire à celui qui se produit lorsque le soleil se couche, assure M. Lamontagne, qui ajoute que les termes « super lune des fleurs » ou « super lune des moissons » reviennent aussi parfois pour décrire les saisons dans lesquelles elles s’inscrivent.

Éclipse solaire

Par contre, les Québécois peuvent se reprendre deux semaines plus tard, le 10 juin. « Dans 14 jours, la Lune aura fait la moitié de son orbite autour de la Terre et se retrouvera donc parfaitement alignée devant le Soleil, poursuit l’astrophysicien. Il y a aura une éclipse de Soleil qui, elle, sera visible de l’est de l’Amérique du Nord. »

Au Québec, l’éclipse ne sera visible que partiellement. La Lune ne voilera, au mieux, que 80 % de la surface du Soleil.

Les curieux devront toutefois se lever tôt. L’éclipse solaire débutera à l’aube et atteindra son paroxysme entre 40 minutes et une heure après le lever du soleil, soit aux alentours de 5 h 15 du matin.

Les gens les mieux placés pour admirer cette éclipse de Soleil habitent les territoires nordiques, en particulier « tout ce qui longe la baie d’Hudson, le nord de l’Ontario », détaille Robert Lamontagne.

Dans les basses terres du Saint-Laurent, l’éclipse solaire ne sera visible que dans un horizon dégagé, c’est-à-dire sur le bord du fleuve, sur la promenade des ponts ou encore sur le belvédère du Mont-Royal.

Fait à noter : regarder une éclipse solaire directement, sans protection, peut causer des dommages permanents aux yeux. Les clubs d’astronomies locaux offriront sans doute aux amateurs les outils nécessaires pour observer le phénomène en toute sécurité.

 

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