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Paraguay - Un incendie dans un centre commercial fait au moins 283 morts

Une victime est évacuée du centre commercial d’Ycua Bolanos, au Paraguay, dévasté hier par un incendie.
Photo: Agence Reuters Une victime est évacuée du centre commercial d’Ycua Bolanos, au Paraguay, dévasté hier par un incendie.

Asunción — Entre 250 et 300 personnes ont trouvé la mort et 300 autres ont été blessées hier dans l’incendie d’un centre commercial d’Asunción, capitale du Paraguay, selon un bilan communiqué dans la soirée par la police et le ministère de l’Intérieur.

Le chef du service de presse de la police, le commissaire Santiago Velazco, a indiqué qu’il y a au moins 283 morts. «On continue à récupérer des corps mais lentement par précaution», a-t-il dit. Auparavant, il avait estimé que le bilan atteindrait «entre 250 et 300 morts. Il peut y avoir facilement 300 morts. Tous les corps n’ont pas encore été retirés. C’est un désastre».
L’incendie accompagné d’une série de déflagrations a été précédé par l’explosion d’une bonbonne de gaz dans la cuisine d’un des restaurants du centre, selon des témoins. Elle a eu lieu à 11h30 locales, alors qu’il y avait entre 500 et 700 personnes dans le centre, qui appartient à la chaîne paraguayenne Ycua Bolanos et comprend plusieurs enseignes de restauration rapide et un supermarché.
Plusieurs témoins ont affirmé que les responsables du centre ont, avec l’aide d’agents de sécurité, fermé les portes hermétiquement pour que les clients ne sortent pas sans payer, ce qui a alourdi le bilan.
Selon une rescapée, Rosa Resquin, «ce n’est que lorsque les policiers et les pompiers sont arrivés qu’ils ont ouvert les portes, mais il était trop tard».
Le responsable du centre, Juan Pio Paiva, s’est présenté à la police alors qu’un juge du parquet s’apprêtait à demander son arrestation. M. Pio Paiva nie avoir empêché les clients de quitter les lieux. «Tous ceux qui pouvaient sortir l’ont fait. C’est une tragédie», a-t-il dit. Mais le juge Edgar Sanchez a indiqué qu’il va l’inculper pour homicide volontaire.
Tous les services de secours de l’agglomération ont été mobilisés. Le capitaine des pompiers Hugo Onieva a constaté que la plupart des décès ont été causés par l’inhalation de gaz toxiques et que les brûlures avaient été souvent postérieures. «Si on les avait laissé sortir, cela ne se serait pas produit», a-t-il indiqué.
Le président paraguayen Nicanor Duarte Frutos s’est rendu sur place pour diriger l’évacuation des cadavres en hélicoptères et ambulances, le plus rapidement possible dans la crainte d’un effondrement du bâtiment haut de 30 mètres et situé sur une grande avenue de la capitale.
«C’est un moment de douleur extrême. Nous sommes venus pour apporter un soutien aux gens, aussi bien aux familles qu’aux policiers et aux pompiers qui travaillent pour réduire les conséquences de ce malheur», a déclaré M. Duarte avant de décréter trois jours de deuil national.
La province argentine de Formosa (nord), frontalière avec le Paraguay, a dépêché des médecins et des infirmières pour prêter assistance aux opérations de secours.
«Nous devons les aider de manière urgente. La solidarité n’a pas de frontières», a déclaré le ministre du Développement humain de la province, Anibal Gomez.
Les autorités de Formosa ont également mis en alerte les hôpitaux de la province pour recevoir des blessés, notamment à Clorinda, située à 40 km d’Asuncion et séparée du Paraguay par le fleuve du même nom. De son côté, le gouvernement argentin prévoyait d’envoyer un avion de l’armée de l’air avec du personnel médical, des médicaments et le directeur des urgences sanitaires argentin, Carlos Sanguinetti, qui devra évaluer s’il y a lieu d’évacuer les blessés vers des établissements argentins.