Les mégadonnées pour aider les garderies

À l’heure actuelle, chaque service de garde détermine ses propres critères d’admission et les soumet au ministère. Ils sont ensuite incorporés dans le guichet La Place 0-5, où les parents à la recherche d’une place en garderie entrent une information très détaillée pour y inscrire leur enfant.
Photo: Adil Boukind Le Devoir À l’heure actuelle, chaque service de garde détermine ses propres critères d’admission et les soumet au ministère. Ils sont ensuite incorporés dans le guichet La Place 0-5, où les parents à la recherche d’une place en garderie entrent une information très détaillée pour y inscrire leur enfant.

Les parents en attente d’une place en garderie, les promoteurs immobiliers et même le reste du Canada pourraient tirer profit d’une meilleure utilisation des données collectées par La Place 0-5. Malgré les critiques, le guichet au cœur des services de garde a accumulé suffisamment de données pour rendre le réseau plus « intelligent », affirme la Coopérative Enfance Famille, l’organisme qui en est responsable.

Le ministère de la Famille entame mardi une série de consultations régionales pour faire le point sur le fonctionnement du réseau des services de garde. Les critères d’admission, la priorisation dans l’attribution des places et le rôle de La Place 0-5 dans ce processus font partie des sujets discutés. Dans son document de réflexion servant de référence pour ces consultations, le ministère rappelle les inquiétudes du Vérificateur général du Québec sur le processus d’admission qui « mine la confiance des parents ».

Partager des données

À l’heure actuelle, chaque service de garde détermine ses propres critères d’admission et les soumet au ministère. Ils sont ensuite incorporés dans le guichet La Place 0-5, où les parents à la recherche d’une place en garderie entrent une information très détaillée pour y inscrire leur enfant.

Toute cette information est centralisée dans les banques de données de La Place 0-5. Elle pourrait être davantage exploitée pour optimiser l’offre de services en fonction des besoins réels du secteur, affirme Marie-Claude Sévigny, directrice générale de la Coopérative Enfance Famille.

« Il se fait très peu d’études de marché sur la petite enfance au Québec. Les services de garde ne possèdent pas beaucoup d’information sur leur environnement pour établir leurs critères d’admission », dit Mme Sévigny. « Nous recevons beaucoup d’appels de la part de gens dans le secteur, de promoteurs immobiliers et de municipalités pour savoir où il serait profitable d’installer un service de garde. Il y a quelque chose à faire là. Il serait essentiel de pouvoir communiquer cette information. »

Les données fournies de façon anonyme et sécuritaire par La Place 0-5 pourraient donner une bonne indication des endroits où la demande est plus forte pour certains services spécifiques. « Il serait possible de combiner nos données à d’autres que possède le ministère pour mieux cibler les milieux défavorisés », explique Mme Sévigny.

Des limites

La Coopérative Enfance Famille participera vers la mi-juin aux consultations publiques pour suggérer une « évolution » de La Place 0-5 qui inclurait un plus grand partage de ses données avec d’autres organismes privés et publics. « Nous voulons faire partie de la solution », explique Marie-Claude Sévigny.

La philosophie de l’organisme cadre avec la vision qu’a le gouvernement québécois de la valeur potentielle de larges quantités de données comme celles que possède La Place 0-5. En santé et en éducation, notamment, des entreprises voient dans des « mégadonnées » de ce type une nouvelle génération de produits et de services fort lucratifs.

La coopérative ne souhaite pas s’engager dans cette voie. « Nous répondons à un besoin d’affaires précis que nous confie le Ministère : nous aidons les parents à trouver une place en garderie. Les données sont cruciales pour y arriver. »

En revanche, la Coopérative ne dirait pas non au fait de partager son expertise avec le gouvernement fédéral ou avec d’autres provinces dans l’établissement d’un réseau national. « Les autres provinces pourraient s’intéresser aux bons coups qui ont été faits au Québec », dit sa directrice générale.

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