Belgique - L'explosion d'un gazoduc fait 15 morts et une centaine de blessés

Un pompier belge passe devant des carcasses de véhicules laissées par l’explosion.
Photo: Agence Reuters Un pompier belge passe devant des carcasses de véhicules laissées par l’explosion.

Ghislenghien, Belgique — Une forte explosion d'un gazoduc souterrain transfrontalier près d'une zone industrielle du sud de la Belgique a fait au moins 15 morts et une centaine de blessés hier.

Des boules de feu ont été projetées à plusieurs dizaines de mètres de hauteur et des corps ont été retrouvés à plusieurs centaines de mètres des lieux de la déflagration, dans la zone industrielle de Ghislenghien, près de la ville de Ath, à 40 km au sud-ouest de Bruxelles.

Les explosions en chaîne, décrites par un témoin comme un «mini-Hiroshima», ont dévasté deux usines et laissé un énorme cratère entre les deux sites industriels. Des corps et des débris ont été éparpillés dans un rayon de 500 mètres autour du site dévasté.

L'une des plus meurtrières

Cette catastrophe industrielle — l'une des plus meurtrières survenues dans le royaume ces dernières années — a contraint le premier ministre belge, Guy Verhofstadt, à écourter ses vacances en Italie pour se rendre sur les lieux de l'explosion. Il devait présider par la suite une réunion de crise du gouvernement.

«Il y a des corps sur des parkings, dans les champs. Des carcasses de voitures calcinées sont visibles dans une zone de 500 mètres de large, a déclaré Francis Boileau, porte-parole des sapeurs-pompiers. Cela ressemble à une zone de guerre.»

L'agence régionale de protection civile a fait état d'un bilan provisoire de 15 morts et d'au moins une centaine de blessés en précisant que ces chiffres risquaient de s'alourdir en raison de l'extrême gravité de l'état de santé de 24 personnes grièvement brûlées.

L'explosion a ravagé une section du gazoduc souterrain acheminant du gaz du port belge de Zeebrugge au nord de la France, cela au moment où des ouvriers tentaient de colmater une fuite, a dit le porte-parole de l'agence.

D'après le ministre de l'Intérieur, Patrick Dewael, plusieurs pompiers qui tentaient d'installer un périmètre de sécurité après la découverte de la fuite de gaz figurent au nombre des morts.

La société Fluxys, chargée du réseau de gazoducs du pays, a confirmé la cause de l'explosion. «Il y a eu une fuite de gaz, qui a conduit à une explosion», a déclaré Christian Otto, porte-parole de l'entreprise, ajoutant qu'aucun employé de Fluxys n'avait été blessé.

«Comme un coup de tonnerre sans fin»

Des équipes belges et françaises de secouristes sont arrivées sur place et les victimes souffrant de brûlures graves ont été évacuées en hélicoptères vers plusieurs hôpitaux belges. Des soldats belges ont également été dépêchés sur place, a fait savoir un porte-parole de l'armée.

La plupart des victimes sont apparemment des personnes qui travaillaient ou faisaient des courses dans la zone industrielle de Ghislenghien, ont déclaré des responsables.

Olivier Rampelberg, un témoin qui vit à environ trois kilomètres des lieux de l'accident, a déclaré avoir entendu un son proche de celui d'un coup de tonnerre peu après 9h.

«On aurait dit un coup de tonnerre sans fin, a-t-il dit à la télévision RTBF. Puis de petits fragments de terre brûlée sont tombés du ciel.» «C'était comme si un avion s'était écrasé. Toutes les fenêtres ont tremblé [...] C'était terrible, terrible», a déclaré un autre témoin à la radio.

L'autoroute E429, qui relie Bruxelles à Lille et Calais, a été fermée et les habitants de la zone ont été priés de rester chez eux.

Fluxys a fait savoir que le pompage avait été arrêté sur le gazoduc et que des mesures avaient été prises pour fournir ses clients, notamment Gaz de France.

De l'autre côté de la frontière, le Centre hospitalier régional universitaire de Lille s'est mobilisé pour venir en aide aux secouristes belges. «Nous recevons des blessés par hélicoptère», a déclaré une responsable de l'établissement hospitalier qui a déclenché le «plan blanc grands brûlés».

Des lits ont été rendus disponibles pour accueillir les blessés. Des équipes de secours et d'urgence ont aussi été dépêchées sur place pour participer à l'hôpital de campagne installé près de Ath.

Des équipes médicales du Samu de Lille, des SMUR de Valenciennes, Arras, Amiens, Tourcoing, Dunkerque et Maubeuge ont aussi été mobilisées ainsi que deux hélicoptères de Lille et Arras. Les premiers blessés devaient arriver à Lille en début d'après-midi.

L'explosion de gaz à Ghislenghien est la plus grave survenue en Belgique depuis celle d'un camion-citerne en 1967, qui avait tué 22 personnes.