Grève à l'aluminerie de Bécancour - Le p.-d.g. d'A.B.I. demande aux grévistes de revenir aux enjeux locaux

Bécancour — Le président-directeur général de l'aluminerie A.B.I. de Bécancour, Louis-Régis Tremblay, s'inquiète du discours syndical dans le conflit de travail qui paralyse l'usine depuis près d'un mois.

Le dirigeant craint que les discours des représentants de plusieurs syndicats, lors de la manifestation de mercredi en appui aux grévistes, fassent oublier les enjeux plus locaux du conflit.

Les délégués représentant quelque 7000 syndiqués du secteur avaient affirmé mercredi que Bécancour servait en quelque sorte de banc d'essai pour des mesures rétrogrades qu'Alcoa et Alcan tenteront à leur tour d'obtenir dans leurs ententes de travail.

«Le conflit chez A.B.I. doit rester ici, a commenté M. Tremblay. Je trouve que ça commence à prendre de grandes proportions.»

M. Tremblay croit que les syndicats de l'aluminium veulent se servir du conflit à l'A.B.I. pour affûter leurs lames. Les employés, suggère-t-il, doivent revenir aux enjeux locaux et bien analyser la dernière proposition. «Dans nos offres, il est clairement prévu que nous ne pourrons pas mettre d'employés à pied pour les remplacer par des sous-traitants», rappelle M. Tremblay.

Crainte syndicale

Mais même si la sécurité d'emploi est acquise pendant la durée de la convention, le syndicat craint l'érosion de la main-d'oeuvre syndiquée à la suite des départs à la retraite.

«Nous offrons de bonnes conditions de travail, de bonnes augmentations, notre régime de retraite est parmi les meilleurs au Canada, nous nous engageons à ne pas faire de mises à pied, énumère M. Tremblay. Mais de l'autre côté, on dirait que les demandes progressent sans cesse! Quand on mondialise le conflit, ça m'étonne. Dans les faits, je pense que les raisons du conflit chez nous sont minces. Je ne sais pas trop quel est l'intérêt des travailleurs de Bécancour d'embarquer là-dedans.»

Pour le reste, M. Tremblay mentionne que les opérations se stabilisent dans l'exploitation de la dernière série de cuves par les employés non syndiqués.