Fin des vacances de la construction - Les douaniers font du zèle, les voyageurs la queue

Le temps d'attente à la frontière canado-américaine s'est intensifié hier, alors que les agents de douanes des postes frontaliers de Saint-Bernard-de-Lacolle, Saint-Armand-de-Philipsburg et Rock Island ont entrepris une grève du zèle, pour manifester leur mécontentement face au conflit de travail qui perdure depuis maintenant quatre ans.

Des délais d'une heure et demie à deux heures ont été enregistrés au poste frontière de Lacolle, ainsi que dans les deux autres concernés par les moyens de pressions au Québec.

«Un travail très, très scrupuleux est effectué des deux côtés de la frontière», a expliqué le vice-président national du syndicat, responsable de la région du Québec, Jean-Pierre Fortin, qui confirme que le syndicat des douaniers canadiens (CEUDA) connaît la situation, mais ne cautionne pas le mouvement de protestation. «Les employés eux-mêmes se sont donné le mot d'ordre», a-t-il ajouté. Tous les camions sont fouillés minutieusement, causant ainsi d'immenses retards dans la livraison de marchandises. Lacolle, Saint-Armand et Rock Island sont les trois bureaux de douanes les plus achalandés des 47 postes frontaliers du Québec.

Une occasion

Pour ceux qui voulaient entrer aux États-Unis, les files d'attente étaient déjà longues mercredi, en raison de mesures de sécurité accrues, imposées pour la tenue de la convention démocrate de Boston, à seulement quelques heures de Montréal.

De l'autre côté, les douaniers canadiens profiteront de la dernière fin de semaine des vacances de la construction, habituellement très achalandée aux frontières, pour faire entendre leurs revendications. Depuis juillet 2000, les pouvoirs et responsabilités des agents de Douanes Canada ont été accrus en vertu de la loi C-18, mais leur salaire n'a jamais été ajusté en conséquence. Aucune négociation avec la partie patronale n'a eu lieu depuis le mois de mai.

À l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC), on prétend que le délai d'attente est «normal», compte tenu des circonstances (Convention démocrate, vacances de la construction). «Les employés ne sont pas en position légale de faire une grève», a affirmé le porte-parole de l'ASFC, Michel Proulx, en ajoutant que «les directions régionales prendront des mesures si nécessaire, pour offrir les meilleurs services possibles.»