Martine Ouellet revient en politique et fonde un nouveau parti

Un nouveau parti a fait son entrée sur la scène politique québécoise vendredi. L’ex-cheffe du Bloc québécois et ex-ministre, Martine Ouellet, a lancé Climat Québec, une formation indépendantiste qui se consacrera à la cause de l’urgence climatique.

« On se rend compte qu’il y a un vide politique, que l’offre politique actuelle ne convient pas, a-t-elle affirmé en entrevue. Elle prend pour preuve le fait que le tiers des électeurs n’a pas voté lors des dernières élections québécoises en 2018.

Le réchauffement climatique est devenu aujourd’hui « une fatalité » plutôt qu’une « menace », selon elle. C’est pourquoi elle estime que la crise climatique doit « être traitée en priorité absolue ». Pour y parvenir, le Québec doit aller chercher tous ses pouvoirs.

L’ex-ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement de Pauline Marois considère que le Canada est « un pays voyou sur le plan environnemental » en favorisant les grands pollueurs, et qu’il « sabote la capacité du Québec à se déployer efficacement pour le climat ». L’indépendance du Québec est donc « une nécessité » pour pouvoir lutter pleinement contre la crise climatique.

Mme Ouellet promet une approche qui inclut « la carotte et le bâton » pour réduire les gaz à effet de serre, inspirée de son livre Horizon 2030 publié en 2019. Elle proposait alors une deuxième Révolution tranquille verte axée sur l’électrification des transports, les transports en commun, la suppression des liens entre le pouvoir et l’industrie des énergies fossiles de même que le verdissement du parc immobilier.

« Face à l’urgence climatique, tous les autres enjeux deviennent secondaires », est-il écrit dans son texte fondateur du parti. « Le climat doit devenir le prisme à travers lequel tous les autres enjeux sont évalués. »

Réactions à Québec

Des vidéos de quelques artistes, environnementalistes et militants indépendantistes ont été publiées sur la page Facebook de Martine Ouellet pour marquer le coup. Parmi eux, les comédiens Sylvie Legault et Ghislain Taschereau, le président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, André Bélisle, l’ex-membre fondateur du Parti vert du Québec, Vincent François, et le militant indépendantiste Patrick Bourgeois.

En plus de supplanter le positionnement du Parti vert, l’arrivée d’un troisième parti indépendantiste illustre l’incapacité du Parti québécois (PQ) à être le principal porteur de ce mouvement, selon le politologue Éric Montigny de l’Université Laval. « Déjà, Québec solidaire contestait cette position-là du PQ, a-t-il dit. Ce que ça vient illustrer aussi, c’est l’éclatement même de la coalition qui avait créé le PQ au départ. »

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon s’est abstenu de commenter l’arrivée de Climat Québec vendredi. En coulisse, on a indiqué accueillir l’arrivée de ce nouveau parti avec indifférence.

« Un parti souverainiste et environnementaliste, ça me rappelle quelque chose, mais on va laisser la chance au coureur », a blagué le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. Bonne suite à vous, Mme Ouellet. »

Reste que les défis qui attendent ce 24e parti politique au Québec sont grands. Par exemple, le financement politique limité à des dons de 100 $ par personne est généralement un frein pour les partis politiques émergents. « Ça devient très, très difficile d’amasser des fonds pour faire campagne », a expliqué M. Montigny.

Martine Ouellet compte tout de même présenter 125 candidats lors de l’élection générale de 2022, mais elle devra commencer par récolter les 100 signatures requises pour enregistrer son parti. Celle qui s’est fait montrer la porte du Bloc québécois par les militants en 2018 dit avoir tiré une leçon de son expérience. Elle n’avait récolté que 32 % d’appui lors d’un vote de confiance, à l’issue d’une crise où sept des dix députés du parti avaient claqué la porte.

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