Recherche - Des enfants qui «racontent bien» seront meilleurs en mathématiques

Waterloo — Les enfants d'âge préscolaire qui ont le tour de raconter une histoire mettant en scène des personnages imaginaires seront vraisemblablement plus forts en mathématiques quelques années plus tard. C'est ce qu'a constaté la chercheuse Daniela O'Neill, professeure de psychologie, dans une expérience menée en Ontario.

C'est la première fois en près de 20 ans qu'une recherche établit une relation entre les capacités narratives des jeunes enfants et leurs habiletés mathématiques.

Le processus narratif exige que l'enfant organise les événements en une suite logique, qu'il décrive ce qui se passe du point de vue des différents personnages, qu'il passe de l'un à l'autre des personnages et qu'il utilise le vocabulaire requis. Ce n'est pas du tout une tâche simple pour un enfant, explique Mme O'Neill.

Cependant, seuls certains aspects de la narration permettent de prédire si un enfant aura la bosse des maths par la suite.

On mesure souvent la capacité de raconter une bonne histoire par le degré de sophistication de la grammaire employée par le narrateur, ou la longueur de ses phrases. Mais ces aptitudes n'ont pas, en elles-mêmes, de rapport avec la facilité ultérieure en mathématiques. Ce qui importe, c'est que l'enfant réussisse à percevoir le récit du point de vue des différents personnages, et la façon dont l'action se déplace d'un personnage à l'autre.

Quarante et un enfants

La recherche de Mme O'Neill, qui enseigne à l'université de Waterloo, a porté sur 41 enfants âgés de trois et quatre ans. On leur a demandé de regarder les images d'un conte pour enfants et de raconter une histoire à une marionnette qui «n'avait jamais entendu l'histoire avant», sans qu'aucun adulte n'intervienne. On a enregistré leurs récits sur vidéo, puis on les a retranscrits par écrit.

Deux ans plus tard, les mêmes enfants, dès lors âgés de cinq et six ans, ont rédigé un test de mathématiques comprenant des additions et des soustractions, et on leur a demandé d'identifier différentes formes.

Les enfants qui avaient manifesté certaines habiletés narratives ont eu de meilleurs résultats au test, a constaté Mme O'Neill, qui croit, sans en être certaine, que si des parents encouragent leurs enfants à «bien raconter», cela pourrait améliorer leurs aptitudes futures en calcul mathématique.

Les résultats de l'étude, financée par le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie, ont été publiés dans le numéro de juin de la revue First Language.