Inondations au Bangladesh - Des millions de personnes sans nourriture ni eau potable

Cette femme, photographiée dans un refuge, a tout perdu dans les inondations qui affectent le Bangladesh.
Photo: Agence Reuters Cette femme, photographiée dans un refuge, a tout perdu dans les inondations qui affectent le Bangladesh.

Dacca — Des millions de personnes étaient sans nourriture ni eau potable hier au Bangladesh alors que les secours peinaient à atteindre les victimes de graves inondations qui ont déjà fait près de 400 morts en moins de trois semaines.

Le gouvernement a commencé à distribuer des secours et va décider s'il lance un appel à l'aide internationale, a déclaré Tajul Islam, secrétaire de presse auprès du premier ministre Khaleda Zia.

«Des millions de personnes sont touchées et ont besoin de nourriture et d'eau. Le gouvernement évalue quel volume d'aide sera nécessaire pour gérer à la fois la situation actuelle et la situation après les inondations, où une reconstruction massive sera entreprise», a-t-il dit à l'AFP.

Mais de nombreuses victimes des pires crues de mousson depuis des pluies catastrophiques il y a six ans se plaignaient de ne pas voir arriver les secours et d'être obligées de boire de l'eau polluée par les égouts, un risque supplémentaire d'épidémies.

Distribution de riz

Sur quatre centres de secours de Dacca, la capitale, où s'est rendue l'AFP hier, un n'avait pas reçu d'aide gouvernementale et les autres n'avaient eu droit qu'à trois livraisons de riz avarié.

«Nous sommes tombés malades. La prochaine fois, nous ne le mangerons pas», a dit une femme de 30 ans, Maryam. Elle a ajouté avoir reçu des comprimés pour purifier l'eau mais avoir dû les payer.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, qui a dit craindre une «catastrophe humanitaire majeure» dans les jours à venir, a commencé à distribuer du riz, des comprimés pour purifier l'eau et d'autres secours dans le centre et le nord du Bangladesh.

«Des millions de personnes n'ont pas assez de nourriture et d'eau propre. Nous ne pouvons pas toutes les atteindre d'un seul coup mais nous avons commencé le processus de distribution», a déclaré une porte-parole du PAM à Dacca.

«Nous espérons que nos efforts combinés à ceux d'autres organisations et du programme d'aide du gouvernement pourront réduire les souffrances», a-t-elle dit.

Les inondations commencées le 10 juillet ont fait 30 millions de sinistrés, sans abri ou coupés du monde, sur une population de 140 millions d'habitants. Des millions de personnes manquent d'eau potable, de médicaments et de vivres, selon le quotidien News Today d'hier. Ce journal ajoute que, si les pluies recommencent à tomber cette semaine, les inondations pourraient durer jusqu'à la mi-septembre. L'agence officielle BSS a rapporté hier que le bilan s'était alourdi à 394 morts.

Inde et Népal

Les inondations annuelles provoquées par la mousson, parmi les pires de mémoire récente, ont également fait des centaines de morts dans d'autres pays d'Asie du Sud, en particulier dans le nord-est de l'Inde et au Népal.

À Dacca, la capitale du Bangladesh à moitié submergée, une mère se plaignait hier de ne plus avoir de ressources.

«Au début, nous avions ce que mon mari gagnait. Mais maintenant il est malade après avoir conduit son cyclo dans la saleté et la boue», déclarait-elle.

Une autre avait reçu des comprimés pour purifier l'eau mais devait partager le paquet avec trois autres familles. «Tant de gens ont la diarrhée que les comprimés ne servent pas à grand-chose», a-t-elle dit.

Il n'y avait pas hier d'espoir d'amélioration rapide, car des marées hautes dans le golfe du Bengale empêchaient l'écoulement des eaux.

En Chine

En Chine, les pires inondations qu'on ait connues depuis des décennies ont déjà causé la mort cette année de plus de 400 personnes, tandis que, dans le même temps, d'autres parties du pays doivent faire face à de hautes températures et à des périodes de sécheresse, ont annoncé les médias locaux hier.

En tout, 439 personnes ont trouvé la mort et 21 600 autres ont été blessées dans ces inondations dont le coût s'élèverait à plusieurs milliards de dollars, annonce le China Daily.

Partout dans le pays, les autorités régionales et nationales, ainsi que les habitants eux-mêmes, tentent d'organiser les ravitaillements en nourriture et en médicaments des populations sinistrées et de renforcer les digues pour éviter que les inondations ne redoublent sous l'effet des pluies d'été.

Depuis le début de l'année, les inondations ont causé des dégâts considérables. Les glissements de terrain ont provoqué la destruction de 275 000 maisons et en ont endommagé plus d'un million, entraînant le déplacement de près d'un million et demi de personnes.

Ces pluies exceptionnelles sont également à l'origine de la destruction de plus de cinq millions d'hectares de terre arable dans le centre de la Chine ainsi que dans les provinces du Yunnan et du Guangxi, dans le sud-ouest du pays.

Dans le même temps, d'autres provinces chinoises sont touchées par la sécheresse et par des températures atteignant les 38 degrés Celsius dans le sud-ouest du pays ainsi que sur la côte orientale, où ces hautes températures font craindre des ruptures d'électricité en raison d'un déficit sur le plan énergétique.