COVID-19: l’Alberta ferme ses écoles et ses terrasses pour éviter la catastrophe

Le premier ministre albertain, Jason Kenney, a déclaré que les trois prochaines semaines seraient critiques et que la province risque la catastrophe si la propagation du virus n’est pas rapidement maîtrisée.
Photo: Jason Franson La Presse canadienne Le premier ministre albertain, Jason Kenney, a déclaré que les trois prochaines semaines seraient critiques et que la province risque la catastrophe si la propagation du virus n’est pas rapidement maîtrisée.

Le premier ministre de l’Alberta, Jason Kenney, a annoncé mardi une série de nouvelles restrictions sur les rassemblements extérieurs, les écoles et les entreprises alors qu’une explosion du nombre de cas de COVID-19 menace de submerger le système de santé de la province.

Dans une annonce vidéo en direct à la télévision, sur le portail web du gouvernement et sur sa page Facebook, le premier ministre albertain a déclaré que les trois prochaines semaines seraient critiques et que la province risque la catastrophe si la propagation du virus n’est pas rapidement maîtrisée.

« Si la croissance exponentielle des cas de COVID-19 se poursuit, cela va pousser la capacité étendue de nos hôpitaux à sa limite extrême d’ici quelques semaines », a mis en garde Jason Kenney mardi soir.

« Nous ne permettrons pas à notre système de santé d’être submergé. Nous ne devons pas, et nous ne forcerons pas, nos médecins et nos infirmières à choisir qui recevra des soins et qui n’en recevra pas », a poursuivi le premier ministre.

Pour une durée de trois semaines, à compter de mercredi, les commerces de détail ne pourront accueillir plus de 10 % de leur capacité maximale. Les rassemblements extérieurs seront limités à cinq personnes au lieu de dix.

Les lieux de culte seront limités à 15 personnes plutôt que 15 % de leur capacité maximale et les cérémonies funéraires ne pourront rassembler plus de dix personnes.

Tous les élèves, de la maternelle à la 12e année, devront rester à la maison pour deux semaines de classes virtuelles à compter de vendredi. Des milliers d’élèves des niveaux plus élevés à Edmonton et à Calgary font d’ailleurs déjà l’école à la maison.

De plus, à partir de dimanche, les salons de coiffure, de tatouage et de manucure devront rester fermés. Les restaurants qui pouvaient servir des repas en terrasse devront se contenter des plats pour emporter et des livraisons.

Des exceptions sont consenties aux municipalités albertaines où l’on recense moins de 50 cas par 100 000 habitants ou moins de 30 cas actifs.

Cette annonce survient au moment où le NPD fédéral a demandé au gouvernement de Justin Trudeau d’invoquer la loi sur les mesures d’urgence pour intervenir en Alberta.

La députée néodémocrate d’Edmonton-Strathcona, Heather McPherson, a annoncé dans une lettre adressée au président de la Chambre des communes qu’elle prévoyait demander un débat d’urgence mercredi sur la troisième vague de la pandémie qui ravage l’Alberta.

L’Alberta compte plus de 23 000 cas actifs de COVID-19 et présente le taux de contamination le plus élevé en Amérique du Nord. En date de mardi, 150 patients se trouvaient aux soins intensifs, tout juste en dessous du nombre record de 154 patients enregistré la veille.

Plus tôt mardi, des dizaines d’urgentologues et de médecins spécialistes de l’Alberta ont sonné l’alerte en prédisant que le nombre de patients aux soins intensifs pourrait doubler avant la fin du mois.

En ajoutant à ce nombre quelque 150 autres patients atteints d’autres problèmes de santé, cela placerait le système albertain à la limite de sa capacité de soins.

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