Sommes-nous plus divisés que jamais?

Au cours des prochains jours, nous tenterons d’ausculter sous divers angles cette question qui fait débat — et polarise!
Photo: Guillaume Levasseur Archives Le Devoir Au cours des prochains jours, nous tenterons d’ausculter sous divers angles cette question qui fait débat — et polarise!

Avez-vous l’impression que la société est plus divisée que jamais ? Sentez-vous dans les débats sociaux, dans les médias, sur les réseaux sociaux, qu’on avance sur le fil du rasoir de la polarisation, une polarisation qui heurte et ne permet plus de s’entendre ni de se comprendre ?

Au Devoir, nous nous posons ces questions depuis un bon moment. Au cours des prochains jours, nous tenterons d’ausculter sous divers angles cette question qui fait débat — et polarise ! À l’approche de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai prochain, il n’est pas anodin pour un média comme Le Devoir d’affronter cette question. Nous nous trouvons en effet sur la ligne de front en matière de polarisation : tous les jours, en choisissant des contenus qui font la richesse de notre couverture et qui permettent l’expression d’une diversité de voix, nous nous exposons à la critique. Ces critiques sont les bienvenues, car elles entretiennent notre lien à la communauté et enrichissent notre vision des choses.

 

Notre rôle de témoins de la société s’est-il complexifié au fil du temps et au gré des débats identitaires qui secouent le Québec — et le monde ? Nous demeurons toujours fidèles à notre mission première, qui est de rendre compte des questions qui agitent la société. Nous restons aussi un média à l’écoute de ses lecteurs, soucieux et curieux de leurs commentaires, critiques, cris du cœur et autres confidences destinées à nous éclairer.

Parfois, ces commentaires frôlent l’insulte et l’injure. Un courant associé à l’impulsivité et à l’anonymat des réseaux sociaux a traversé les échanges et teinté certaines des communications qui meublent notre quotidien. On nous reproche d’avoir choisi un sujet, donné la parole à un auteur, publié une opinion, fait la sélection d’une photo. Trop souvent, hélas, les échanges n’invitent pas au débat, mais sombrent immédiatement dans l’attaque. Que se passe-t-il donc ? Peut-on encore exprimer un désaccord sans fourbir ses armes ?

 

Allons creuser cette question. Au cours des prochains jours, nous vous proposons en rafale des contenus destinés à mieux comprendre ce phénomène. Toute la rédaction a été appelée à contribuer à la série « Tous polarisés », à laquelle journalistes et chroniqueurs participent. Ce jeudi, nous remontons le fil de quatre histoires relatées par des journalistes du Devoir et qui ont fait vibrer le moteur de la polarisation. En vidéo, des chroniqueurs du Devoir partagent un échantillon de cette prose haineuse qui bourgeonne sur leurs réseaux sociaux et dans la boîte à courriels au gré de leurs divers écrits. Notre équipe s’est bien sûr intéressée à la modération des commentaires, qui est presque devenue un sport extrême dans les salles de rédaction.

Entre autres questions qui nous intéressent, il y a l’histoire de la polémique et de la polarisation au Québec, les manifestations de la polarisation dans le quotidien ordinaire et aussi dans les groupes de discussion. Nous avons rencontré quelques écorchés de la polarisation, des personnalités publiques qui ont tiré un trait ou même une révérence après avoir subi la haine sur les réseaux sociaux. Un sondage mené auprès des députés de l’Assemblée nationale et de la Chambre des communes sur l’autocensure pratiquée par les politiciens en raison de la polarisation proposera des résultats intéressants. Nous espérons que cette série permettra d’apporter un regard critique sur la division apparente qui teinte certains débats au point de ne plus permettre la réflexion qui fait grandir. Tous polarisés ? Allons voir.



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