Meurtre de Jaël Cantin: l’avocat de Benoit Cardinal invoque la présence d’un intrus

Jaël Cantin a été tuée le 16 janvier 2020 dans sa résidence familiale de Mascouche.
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir Jaël Cantin a été tuée le 16 janvier 2020 dans sa résidence familiale de Mascouche.

L’avocat de Benoit Cardinal s’est attaqué mardi à la crédibilité du travail effectué par la biologiste judiciaire Sonia Roy, qui a analysé les taches et les projections de sang trouvées dans la résidence familiale de Mascouche, où Jaël Cantin a été tuée le 16 janvier 2020. Toutes les traces de sang prélevées sur la scène de crime contiennent soit l’ADN de la victime, soit celle de l’accusé, a affirmé dans son témoignage l’experte au procès de Benoit Cardinal pour le meurtre prémédité de sa conjointe.

En contre-interrogatoire, au palais de justice de Joliette, Sonia Roy a reconnu que son travail dans les 185 scènes de crime qu’elle a analysées depuis 2008 a toujours été fait à la demande d’un corps de police et jamais à la demande de la défense.

« Pensez-vous que le fait d’écrire des rapports et de témoigner, dossier après dossier, uniquement à la demande de la police ou de la poursuite, ça peut en quelque sorte affecter votre perspective ? » lui a demandé Me Louis-Alexandre Martin, qui représente Benoit Cardinal.

« Non, je ne crois pas, a répondu Sonia Roy. J’analyse les faits, j’analyse les résultats d’ADN que j’obtiens sur les pièces à conviction. Ce sont les résultats qui parlent. »

En réponse aux questions répétées de Me Martin, la biologiste a indiqué que ce ne sont pas toutes les taches de sang retrouvées dans la maison où s’est déroulé le meurtre qui ont été prélevées et analysées.

« Donc, vous n’avez aucune idée d’à qui appartient ce sang-là ? » a demandé à plusieurs reprises l’avocat en pointant des traces de sang sur des photos de la scène de crime. « Je n’en ai aucune idée », a répondu l’experte.

Me Martin a laissé entendre à quelques occasions qu’il pourrait s’agir de sang appartenant à un tiers. « On ne peut pas le savoir », a reconnu l’experte.

Les premiers secours arrivés sur la scène de crime la nuit du 16 janvier 2020 avaient été informés qu’il s’agissait d’une entrée par effraction ayant mal tourné. La Couronne cherche plutôt à démontrer que Benoit Cardinal avait planifié le meurtre de la mère de ses six enfants et qu’il a mis en scène une violation de domicile pour tromper les autorités. L’accusé a plaidé non coupable.

Semelle

Devant la juge Johanne St-Gelais de la Cour supérieure, Sonia Roy a également été questionnée sur une trace de semelle, qui n’a pas été prise en photo après avoir été trouvée dans le salon de la résidence où Jaël Cantin a été tuée. Me Martin a avancé une nouvelle fois l’idée qu’il pourrait s’agir d’une trace laissée par un intrus.

« Vous n’avez pas mandaté [la technicienne en identité judiciaire] de prendre une photo de la semelle. Est-ce qu’il y a un problème d’objectivité dans ça, Mme Roy ? » a demandé MeMartin d’un ton cinglant.

« C’étaient vraiment les caractéristiques de motifs de semelles d’intervenants [des policiers avaient sécurisé la maison la nuit du meurtre], a répondu la biologiste judiciaire. Mais ça pourrait être une botte de n’importe qui d’autre, en effet. »

En présentant son rapport d’expertise au jury lundi, Sonia Roy avait mentionné que de l’ADN de Jaël Cantin se trouvait dans le sang prélevé sur les mains de Benoit Cardinal après le meurtre. Elle avait également indiqué que les taches de sang retrouvées sur le bas de la jambe gauche du pantalon de pyjama de l’accusé montraient qu’il se trouvait « près de la source de sang au moment des projections ».

En contre-interrogatoire, Mme Roy a convenu que Benoit Cardinal pouvait s’être trouvé à une distance d’un mètre de la source de sang. « Ce n’est pas impossible », a-t-elle dit.

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