La Sûreté du Québec déploie un projet pilote de caméras portatives

Les quatre projets pilotes de la SQ seront menés selon des paramètres différents, notamment la mise en marche manuelle ou automatique de la caméra.
Photo: Ministère de la Sécurité publique via La Presse canadienne Les quatre projets pilotes de la SQ seront menés selon des paramètres différents, notamment la mise en marche manuelle ou automatique de la caméra.

Un groupe de 10 policiers de la Sûreté du Québec (SQ) dans la région de Rimouski sont munis depuis lundi matin de caméras portatives qui viendront filmer leurs interventions.

Le déploiement dans le Bas-Saint-Laurent est la première phase d’un projet pilote qui s’étendra graduellement d’ici octobre dans les secteurs de Val-d’Or, Beauharnois et Drummondville. Le corps policier autochtone du Nunavik, qui implante un projet similaire, participe également à l’évaluation qui en sera faite à l’issue.

Les objectifs de la SQ et du ministère de la Sécurité publique sont de rehausser la confiance de la population envers les policiers, d’accroître la transparence de leurs interventions et d’assurer le respect des droits des citoyens et la sécurité des policiers.

Contrepoids aux images citoyennes

Les autorités reconnaissent cependant que l’un des objectifs est également d’avoir un contrepoids aux images tournées par les citoyens. Il est arrivé à plusieurs reprises dans le passé que les corps policiers, confrontés à des images de citoyens, fassent valoir que ces images manquent de mise en contexte, notamment les événements précédant une intervention de policiers.

Bien que le « niveau d’adhésion des membres policiers au projet » se retrouve parmi les indicateurs de performance qu’entend mesurer la SQ, les membres de la direction du corps policier qui participaient à un breffage technique sur ce projet, lundi matin, ont refusé de dire si leurs policiers avaient des réticences ou s’ils appuyaient l’idée de porter des caméras.

Paramètres différents

Les quatre projets pilotes seront menés selon des paramètres différents. Dans certains cas, la mise en marche de la caméra sera manuelle et obligatoire pour les interpellations et certaines interventions. Dans d’autres cas, il y aura activation manuelle, en plus d’une activation automatique dès que l’arme de service ou l’arme à impulsion électrique sera retirée de son étui. D’autres expériences avec des appareils plus sophistiqués comprendront une diffusion « en direct » au poste. Certaines de ces initiatives porteront une attention particulière aux interventions en santé mentale.

L’objectif est d’analyser diverses façons d’utiliser ces caméras pour déterminer les meilleures pratiques en la matière.

Le projet pilote implique également les autorités judiciaires des régions visées. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales pourra utiliser les images et les remettre à la défense dans un tel cas.

L’information visuelle sera entreposée dans un nuage informatique pour une durée de 38 mois, et davantage dans les cas de dossiers judiciarisés.

« Résultats mitigés »

La SQ et le ministère notent, par ailleurs, que les constats sur le terrain et la recherche sur l’utilisation de ces appareils font état de « résultats […] mitigés quant aux conséquences possibles des caméras portatives. Les projets pilotes menés au Canada concluent que les caméras portatives ont peu d’effets tangibles, positifs ou négatifs, sur les incidents d’emploi de la force ou sur les plaintes formulées à l’égard des policiers. »

Plusieurs corps policiers canadiens utilisent ce genre de technologie ou en analysent l’implantation. Récemment, le gouvernement Trudeau a prévu une enveloppe de près de 240 millions de dollars sur six ans pour en équiper la GRC. Au Québec, le Service de police de la Ville de Montréal a également mené un projet pilote de ce genre il y a quelques années.

Le comité stratégique mis sur pied par le ministère de la Sécurité publique l’été dernier à ce sujet s’inspirera aussi des expériences menées ailleurs et remettra un rapport d’étape à la fin de l’été et un rapport final à l’hiver 2021-2022.

Ultimement, l’objectif est de déterminer les meilleures pratiques afin de doter l’ensemble des policiers du Québec d’équipements et de pratiques similaires.

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