Les débardeurs du port de Montréal ont entamé une grève générale illimitée

Des débardeurs en grève devant une entrée du port de Montréal
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des débardeurs en grève devant une entrée du port de Montréal

Pendant que quelque 1150 débardeurs du port de Montréal commençaient une grève générale illimitée, lundi, le Québec et l’Ontario exhortaient le gouvernement Trudeau à intervenir pour dénouer l’impasse entre le syndicat et l’employeur.

Des ministres des gouvernements Legault et Ford ont envoyé une lettre à la ministre fédérale du Travail, Filomena Tassi, enjoignant Ottawa à favoriser un règlement à la table de négociation, « non seulement pour le succès du Port, mais pour le bien de la reprise économique du Québec, de l’Ontario et du Canada tout entiers ».

La missive est signée par les ministres québécois Pierre Fitzgibbon, Jean Boulet, François Bonnardel et Chantal Rouleau, ainsi que les ministres ontariens Vic Fideli et Monte McNaughton.

« Les décisions des gouvernements face à ce conflit de travail doivent tenir compte des impacts dévastateurs sur des travailleurs et des entrepreneurs qui dépendent du port, peut-on lire. L’intérêt des Canadiens doit être considéré dans des conflits de travail entourant des infrastructures publiques. Il est impératif que vous n’excluiez aucune option afin de régler le conflit, et ce, dans les plus brefs délais. »

Plusieurs groupes d’employeurs se sont dits préoccupés par l’impact de la grève sur les entreprises.

Le syndicat des débardeurs, affilié au Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), affirme que l’Association des employeurs maritimes (AEM) ne veut pas négocier et a opté pour une politique de provocation qui comprend des changements d’horaires de travail.

L’association, à son tour, s’est dite déçue de la décision du syndicat et est en train de revoir ses options.

Les travailleurs, qui sont sans contrat depuis décembre 2018, menaient déjà une grève des heures supplémentaires depuis le 17 avril et refusaient de travailler le week-end depuis le 18 avril.

Loi de retour au travail ?

De son côté, le gouvernement Trudeau a émis dimanche un préavis selon lequel il déposerait une loi de retour au travail dans les prochains jours si un accord n’était pas conclu. Mme Tassi avait fait savoir que le gouvernement fédéral préférait ne pas intervenir, mais qu’il n’aurait peut-être pas le choix étant donné ce qu’elle a décrit comme des dommages importants et potentiellement durables causés à l’économie canadienne par cet arrêt de travail.

Minoritaire, le gouvernement Trudeau aura besoin de l’appui d’un parti d’opposition pour forcer un retour au travail.

Lundi avant-midi, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jagmeet Singh, a affirmé que c’est l’employeur et le syndicat qui devaient trouver une solution à la table de négociations.

De son côté, le chef du Parti conservateur, Erin O’Toole, n’a pas tout à fait fermé la porte à la possibilité d’appuyer une mesure pour dénouer l’impasse. « Nous allons parler avec les syndicats, les entreprises et les exportateurs parce que c’est important d’avoir une solution, a-t-il dit. Il y a un risque grave pour notre économie avec une grève pour plusieurs jours. On doit trouver une solution et examiner le projet de loi. »

L’été dernier, la grève de 19 jours au port de Montréal avait engendré des pertes évaluées à quelque 600 millions de dollars pour les entreprises, selon Statistique Canada.

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