Des citoyens manifestent contre la force employée par la STM

Les protestataires dénoncent aussi l’augmentation des pouvoirs des agents de la STM.
Photo: Valérian Mazataud Le Devoir Les protestataires dénoncent aussi l’augmentation des pouvoirs des agents de la STM.

Près de 200 citoyens ont manifesté dimanche dans les rues de Montréal pour dénoncer la brutalité policière dont aurait été victime une femme noire et trans dans le métro de Montréal.

La vidéo de son arrestation a fait grand bruit il y a quelques jours sur les réseaux sociaux. On peut y voir un agent de sécurité frapper la personne qui pousse des cris, tandis que des passants tentent de s’interposer. La mairesse Valérie Plante avait même réagi sur Twitter, qualifiant la scène de « troublante ».

« La priorité des agents de la STM est complètement tordue. Depuis que les masques sont obligatoires dans le métro, les agents de sécurité ne contrôlent personne qui n’a pas son masque, mais contrôlent ceux qui ne paient pas leur 3,50 $, a dit l’un des manifestants Mïku Smeets. J’ai moi-même été témoin d’arrestations trop agressives. »

Parmi le groupe de protestataires réunis d’abord au parc Jarry, on pouvait lire le même message sur plusieurs pancartes : « Brutalisée pour 3,50 $. »

« Rien ne justifie une telle violence », a prononcé dans un discours un porte-parole de Black Lives Matter Montréal.

Après l’incident, la Société de transport de Montréal (STM) avait réagi en expliquant que la personne en question n’avait pas payé son droit de passage avant de tenter de prendre la fuite. L’enquête préliminaire souligne que l’arrestation « a suivi les règles de l’emploi de la force enseignées à l’École nationale de police du Québec ». La STM a tout de même mandaté un « expert indépendant » pour réanalyser cette conclusion. La STM s’est dite « ouverte à accueillir et à mettre en place les recommandations qui pourraient découler » de cette analyse.

« On veut être dans une société où tout le monde est à l’abri de la violence et en sécurité, surtout si c’est quelque chose pour lequel on paie. Le transport en commun, c’est un service public », a quant à elle dit Jasmine Meek.

Aux alentours de 15 h 30, la petite foule s’est dirigée vers le métro Jean-Talon, où s’est produite l’arrestation dénoncée. Les meneurs de la manifestation ont insisté pour que personne ne parle aux médias.

Plusieurs protestataires ont tout de même dénoncé au Devoir l’augmentation prochaine du pouvoir des agents de la STM. « On parle d’une augmentation de la force. On parle toujours des États-Unis en disant qu’on ne veut pas devenir comme eux, mais qu’est-ce qu’on fait ? » dénonce l’un d’eux qui tient à se présenter uniquement comme « un membre de la communauté noire ».

« On oublie vite, ajoute Tiara, rencontrée en fin de parcours. On est ici pour dénoncer la violence à l’endroit d’une personne, mais il y a eu d’autres cas similaires avant. On a pu voir par le passé que les agents abusent de leur pouvoir de façon très violente », dit-elle, faisant référence à l’arrestation médiatisée d’un homme en 2019 dans le métro.

En arrivant au bout du trajet, les personnes rassemblées ont mis un genou à terre avant de se disperser dans le calme. La police n’a signalé aucun débordement.