Portugal - Incendies de forêt: Lisbonne lance un S.O.S. à l'Union européenne

Plus de 1000 pompiers, du nord au sud du Portugal, appuyés par de nombreux véhicules, hélicoptères ou bombardiers d’eau Canadair, s’efforçaient hier soir de maîtriser une vingtaine d’incendies.
Photo: Agence Reuters Plus de 1000 pompiers, du nord au sud du Portugal, appuyés par de nombreux véhicules, hélicoptères ou bombardiers d’eau Canadair, s’efforçaient hier soir de maîtriser une vingtaine d’incendies.

Lisbonne — Le Portugal, accablé par la canicule, a appelé l'Union européenne à l'aide à cause de la multiplication des foyers d'incendie, un an après les feux catastrophiques qui avaient dévasté les forêts portugaises en 2003.

Le nouveau ministre de l'Intérieur, Daniel Sanches, a indiqué hier que le nombre d'incendies en deux jours était quatre fois plus élevé que l'an dernier.

«Les moyens de lutte sont insuffisants», a-t-il déclaré, d'où la demande d'aide présentée dimanche soir à l'Union européenne, qui a accepté d'activer son mécanisme communautaire de protection civile.

La Grèce a promis d'envoyer deux avions Canadair, a annoncé le président du Service national des pompiers et de la protection civile (SNBPC), Fernando Paiva Monteiro, à la radio privée TSF. L'Italie a placé en état d'alerte un bombardier d'eau, selon l'agence Lusa.

Mille sapeurs

Plus de 1000 pompiers, du nord au sud du Portugal, appuyés par de nombreux véhicules, hélicoptères ou bombardiers d'eau Canadair, s'efforçaient hier soir de maîtriser une vingtaine d'incendies.

Dans le district de Castelo Branco (centre-est), un pompier a été grièvement blessé et un camion a brûlé.

L'un des plus importants foyers, dans la chaîne montagneuse de Monchique en Algarve (sud), région qui avait déjà payé un très lourd tribut au feu l'an dernier, continuait de mobiliser plus de 150 pompiers, appuyés par 44 véhicules, mais sans le soutien de moyens aériens, envoyés sur d'autres fronts.

Dans la Serra de Arrabida, à une trentaine de kilomètres au sud de Lisbonne, les plages bordant cette petite chaîne montagneuse, très prisées des Lisbonnins, ont dû être évacuées pour la deuxième journée consécutive en raison de l'avancée des flammes.

Cet incendie, donné comme circonscrit en début de matinée, est reparti de plus belle dans l'après-midi. Plus de 200 pompiers tentaient de contenir des flammes hautes de plus de 20 mètres, dans cette réserve protégée qui abrite une végétation méditerranéenne aux espèces rares.

Les organisations de protection de l'environnement se sont émues de la destruction de ce sanctuaire végétal, qualifiée de «perte inestimable» par le Parti des verts.

«Il est incompréhensible qu'on n'ait mobilisé qu'un hélicoptère léger pour combattre l'incendie d'Arrabida, qui a détruit quelque 700 hectares de végétation, dont 30 à 40 % situés dans une zone de végétation méditerranéenne totalement protégée», a déclaré hier le vice-président de l'association Quercus, Francisco Ferreira, cité par l'agence Lusa.

Un Canadair a finalement été envoyé sur les lieux hier après-midi, alors que les flammes menaçaient une cimenterie géante plantée en bordure de la chaîne.

Canicule

Les incendies sont attisés par la canicule qui s'est abattue depuis plusieurs jours sur le Portugal. Depuis samedi, les températures ont frôlé ou dépassé les 44 degrés dans plusieurs localités du sud et de l'intérieur du pays. La météorologie nationale prévoit que la canicule se poursuivra jusqu'à demain. Des pics d'ozone de plus de 180 mg/m3 ont été enregistrés, notamment dans la région de Braga (nord).

L'éclosion de multiples foyers a relancé les soupçons de pyromanie. «Les températures n'expliquent pas tout, notamment la simultanéité des feux dans plusieurs points du pays. La déduction facile, c'est qu'on a mis le feu», selon le président du SNBPC.

Selon la Direction générale des ressources forestières, la superficie dévastée par le feu depuis le début de l'année jusqu'au 18 juillet (26 858 hectares) dépasse déjà celle de 2003 à la même époque.

En 2003, plus de 400 000 hectares de forêt et de broussailles étaient partis en fumée, vingt personnes étaient mortes dans les incendies et une centaine de maisons avait été détruites. Le montant des dégâts avait dépassé le milliard d'euros.