Trop d'immigrants qualifiés ne peuvent mettre à profit leurs compétences

Ottawa — L'économie canadienne est handicapée par le fait que des milliers de travailleurs professionnels d'origine étrangère, dont les compétences ne sont pas reconnues ici, doivent se contenter d'emplois pour lesquels ils sont surqualifiés, ce qui représente un véritable gaspillage de ressources économiques précieuses.

Pendant ce temps, les employeurs de tous les coins du pays se disent incapables de trouver ici les employés qualifiés qu'il leur faut. Tant le gouvernement fédéral que les entreprises s'efforcent de remédier à ce problème, mais celui-ci ne fait apparemment qu'empirer.

Ce dossier est vu comme une priorité, a déclaré Judy Sgro, nommée de nouveau ministre de l'Immigration par le premier ministre Paul Martin, la semaine dernière.

La ministre reconnaît que des milliers d'employés formés à l'étranger attendent la reconnaissance de leurs titres de compétence au Canada, de façon à pouvoir enfin occuper les emplois pour lesquels ils sont qualifiés.

Pénuries de travailleurs

Pour Perrin Beatty, qui préside l'association Manufacturiers et exportateurs du Canada, le gouvernement a beau reconnaître l'existence du problème, il ne fait pas assez d'efforts pour aider les travailleurs immigrants spécialisés dans différents domaines à s'insérer dans la main-d'oeuvre canadienne.

«Nous sommes un pays riche, mais pas au point de nous permettre de gaspiller les compétences de gens talentueux», a-t-il déclaré.

Des sondages pancanadiens effectués au cours des derniers mois par l'association ont révélé que toutes les régions du pays connaissent des pénuries de travailleurs dans plusieurs domaines et un enchevêtrement de contraintes administratives.

Selon Mme Sgro, Ottawa et les provinces travaillent davantage en collaboration maintenant. Et les gouvernements provinciaux affirment faire plus d'efforts pour accélérer le processus de reconnaissance des compétences de professionnels formés à l'étranger — surtout les médecins et les infirmières.

Un programme de mentorat à l'intention des ingénieurs et des médecins immigrants est en chantier, a dit la ministre. Des programmes de perfectionnement linguistique sont également rendus accessibles, avant leur arrivée au Canada, aux candidats à l'immigration, afin de les aider à mieux préparer leur insertion dans le marché du travail.