Un homme de La Malbaie formellement accusé du meurtre de son ex-conjointe

Accusé formellement mardi du meurtre de son ex-conjointe, Éric Levasseur aurait d’abord laissé croire qu’elle s’était enlevé la vie. Des proches de Carolyne Labonté ont accueilli avec soulagement le dépôt des accusations et espèrent que justice sera rendue à la suite de ce neuvième féminicide en autant de semaines au Québec.

« Tout le monde le savait depuis qu’on a appris la nouvelle de son décès. C’était impossible que Caro ait mis fin à ses jours », a témoigné au Devoir sa meilleure amie, Stéphanie Grenon. « Je suis soulagée pour la mémoire de Caro qu’il soit accusé. Elle ne méritait pas qu’on fasse passer ça comme un suicide alors que ce n’était pas le cas. »

Les policiers avaient été appelés à se rendre à la résidence du couple, à Notre-Dame-des-Monts, dans Charlevoix, peu avant l’heure du dîner, le 18 mars dernier. Le décès par balle de la mère de famille de 40 ans aurait été constaté sur place à l’arrivée des ambulanciers.

« L’expertise de la scène, combinée au résultat de l’autopsie et au résultat de l’analyse de la balistique, a permis de conclure que Carolyne Labonté a été victime d’un homicide », avait indiqué la Sûreté du Québec lundi.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs proches de Carolyne Labonté ont exprimé ne pas être surpris de l’arrestation de son ex-conjoint, Éric Levasseur, qui n’acceptait pas leur séparation. Dans les jours précédant l’événement, le couple aurait eu une importante dispute et il se serait présenté sur les lieux de travail de son ex avec un bouquet de fleurs, a témoigné une collègue de travail, qui a requis l’anonymat. « C’est petit, ici, tout le monde se connaît », justifie-t-elle.

On vit beaucoup de tristesse et d’indignation. C’est tissé serré ici, plusieurs personnes connaissent l’agresseur ou la victime, alors c’est très difficile de vivre ça.

 

Impassible, masque de procédure sous le nez, Éric Levasseur a comparu par visioconférence devant le tribunal mardi. L’homme de 46 ans était déjà détenu depuis le 26 mars en lien avec des infractions liées à la possession non autorisée d’armes à feu dans un autre dossier. L’accusé espérait d’ailleurs être remis en liberté mardi, mais il a plutôt appris qu’il allait faire face à une nouvelle accusation de meurtre au second degré.
Pendant sa détention, il lui sera interdit de communiquer avec 44 personnes, a mentionné le procureur de la Couronne, Me Jimmy Simard. Il sera de retour devant la cour le 5 mai.

Neuvième féminicide

Au cours des dernières semaines, ce sont les vies de neuf femmes qui ont été emportées dans la violence. Diane Néron, directrice générale de la Maison La Montée, à La Malbaie, supplie les victimes de violence conjugale et leur entourage de se tourner vers des ressources. « Il ne faut pas hésiter à chercher de l’aide, que ce soit pour de l’hébergement, pour seulement de l’écoute, on est là 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 », insiste-t-elle.

Le choc est d’autant plus grand pour la communauté qu’on peut dire que presque tout le monde a pu côtoyer le couple. « On vit beaucoup de tristesse et d’indignation. C’est tissé serré, ici, plusieurs personnes connaissent l’agresseur ou la victime, alors c’est très difficile de vivre ça », mentionne Mme Néron.

Avec Jean-Louis Bordeleau

 
Si vous êtes victime de violence conjugale, vous pouvez contacter SOS Violence conjugale sur le web ou au 1 800 363-9010.