Photos osées: l’UQAM et Hélène Boudreau ont conclu une entente

Le règlement à l’amiable impose de cesser pour de bon la publication ou la diffusion sur toutes les plateformes de photos qui utilise le nom ou le logo de l’UQAM.
Photo: Alice Chiche Le Devoir Le règlement à l’amiable impose de cesser pour de bon la publication ou la diffusion sur toutes les plateformes de photos qui utilise le nom ou le logo de l’UQAM.

L’UQAM et l’étudiante en arts visuels Hélène Boudreau ont conclu une entente à l’amiable mercredi qui met fin aux procédures judiciaires. L’UQAM réclamait 125 000 $ à cette femme, lui reprochant d’avoir porté atteinte à sa réputation en publiant des photos osées qui utilisaient « de façon inappropriée » son logo, et de s’être servie de certaines d’entre elles pour faire du profit.

Hélène Boudreau avait d’abord publié une photo sur Instagram le 24 février dernier où on la voyait « relevant sa toge de finissante de manière à exhiber ses seins, diplôme en main », était-il écrit dans la poursuite. Puis d’autres photos dénudées, dont certaines arborant un logo de l’UQAM modifié, avaient été publiées sur d’autres plateformes, notamment OnlyFans, un site accessible sur abonnement.

Le règlement à l’amiable, dont Le Devoir a obtenu copie, impose à l’étudiante de cesser pour de bon la publication ou la diffusion, sur toutes les plateformes, de photos qui utilisent le nom ou le logo de l’UQAM, ou sa forme modifiée « UCÙM » ou « quelque référence directe ou indirecte ».

Seule exception, Mme Boudreau pourra diffuser des photos affichant le nom UQAM pourvu qu’elle n’y exhibe pas « des parties intimes de son corps » ou encore sans qu’elles soient « modifiées pour inclure des propos, gestes ou images dénigrants, offensants ou vexatoires à l’endroit de l’UQAM ». En contrepartie, l’établissement renonce à toute réclamation dans cette affaire et s’engage à traiter Hélène Boudreau « avec équité » dans son parcours universitaire.

L’un des avocats de l’étudiante, Me Jason Novak s’est dit « très content d’éviter une bataille judiciaire » et que sa cliente puisse se concentrer « sur sa passion qui est l’art ». Elle est satisfaite de l’entente, a-t-il indiqué, laquelle a nécessité plusieurs jours de négociation.

L’UQAM insiste pour rappeler que les procédures judiciaires n’ont été entamées qu’après trois demandes formelles de retirer les photos en question. « Il est regrettable qu’une démarche judiciaire ait été nécessaire pour faire cesser ces publications », écrit mercredi l’établissement dans un communiqué. L’université se défend aussi d’avoir voulu limiter la liberté d’expression, « une valeur qui lui est chère », ou de nourrir des préjugés sur le travail du sexe, se décrivant comme « pionnière en études féministes ».

Des étudiantes et d’autres internautes avaient déclenché un mouvement de soutien au cours de la fin de semaine, publiant à leur tour des photos osées arborant le logo de l’université.

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