Une Québécoise de 16 ans emportée par la COVID-19

Ces décès de jeunes demeurent rares.
Photo: Michaël Monnier Archives Le Devoir Ces décès de jeunes demeurent rares.

Une adolescente de 16 ans est décédée des suites de la COVID-19 au CHU Sainte-Justine, ce qui en fait la plus jeune victime au Québec.

Ni son identité ni son état de santé avant d’avoir contracté le virus ne peuvent être dévoilés en raison de son âge.

« On ne peut pas entrer dans les détails, mais en général, les décès chez les jeunes sont accompagnés de comorbidités », laisse entendre Florence Meney, responsable des relations médias du centre hospitalier.

Un système immunitaire affaibli par une autre maladie expliquerait ce décès, suggèrent des experts. « On parle souvent de l’âge et de l’obésité comme deux facteurs majeurs », détaille le spécialiste en virologie Benoit Barbeau. « Toutes les formes de maladies qui affectent les poumons sont aussi sûrement des facteurs de risques pour ceux qui sont infectés. »

« C’est arrivé le 3 avril », spécifie Florence Meney. « On a eu très peu de cas de COVID-19. Pour nous, c’est le premier décès. On est vraiment très tristes, toute l’équipe. »

Suivez l'évolution de la pandémie au Québec:

Consultez notre tableau de bord interactif, revu et amélioré

Seules deux personnes de 10 à 19 ans ont donc succombé à la maladie jusqu’à présent au Québec, soit une jeune femme et un jeune homme, selon l’Institut national de santé publique (INSPQ).

On se rapellera que Don Béni Kabangu Nsapu, âgé de 19 ans, s’est éteint en août dernier aux soins intensifs de l’hôpital Pierre-Le Gardeur à Terrebonne, emporté par la COVID-19. Les décès d’adolescents des suites de la COVID-19 sont très rares. Pas moins de 37 750 personnes de cette tranche d’âge ont contracté le virus au Québec, selon les plus récentes données de l’INSPQ.

Les jeunes happés par les variants

« Au niveau des hospitalisations, les jeunes semblent être plus ciblés [par la troisième vague] », atteste Benoit Barbeau. « Tous ceux qui ont été vaccinés, soit les personnes âgées, vont être protégés. Ce qui fait que le virus va se rediriger vers les jeunes adultes, vers les jeunes. »

Les formes graves de la maladie concernent peu d’adolescents, et encore moins d’enfants. Par contre, l’agressivité des nouveaux variants impose la vigilance. « Les jeunes du primaire ou du secondaire semblaient être immuns face à une infection du virus initial. Avec un variant qui est plus infectieux, on voit justement qu’il y a plus de jeunes qui se retrouvent infectés et donc on voit une plus grande proportion [d’entre eux] qui se retrouvent hospitalisés. »

La Dre Marie-France Raynault, spécialiste en santé communautaire et publique, précise que les jeunes adultes sont les plus à risque, car ils constituent le groupe d’âge le plus enclin à socialiser. « Le groupe le plus touché en termes de transmission, actuellement, ce sont les 20-39 ans. […] Ce sont eux qui sont les plus nombreux à déclarer avoir eu des rassemblements et des contacts avec des gens qu’ils n’auraient pas dû avoir. Ce sont ceux qui respectent le moins les mesures. »

L’importance du masque

Quant aux risques chez les enfants, elle assure que les écoles demeurent des milieux sécuritaires. Le port du masque de procédure et la prudence des professeurs constituent de solides remparts contre la transmission. « Les enfants qui sont le plus à risques de complications et de décès, normalement, ils ne sont pas à l’école parce qu’ils ont des exemptions », note-t-elle. « Ce sont des enfants qui font l’école à la maison et qui sont suivis par des pédiatres. » Par ailleurs, la science donne pour l’instant peu d’indications sur leur capacité à recevoir un vaccin. « Pfizer vient de sortir la semaine dernière la première étude qui montre qu’on pourrait vacciner les 12-18 ans. »

« La plupart des enfants ne développeront pas une forme sévère de la maladie », rassure de son côté la directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin. En conférence de presse, mercredi, elle s’est réjouie de l’ouverture dès la semaine prochaine de la vaccination aux personnes à haut risque de complications de la COVID-19. « Pour les gens qui n’ont pas encore été vaccinés actuellement et qui ont des maladies chroniques, on doit être solidaires. »

À voir en vidéo