Benoit Cardinal a fait une recherche sur un site traitant du «meurtre parfait»

Benoit Cardinal a aussi fait plusieurs recherches sur son cellulaire liées au suicide ou à l’aide psychologique offerte aux personnes en détresse.
Photo: iStock Benoit Cardinal a aussi fait plusieurs recherches sur son cellulaire liées au suicide ou à l’aide psychologique offerte aux personnes en détresse.

Le plancher de la chambre où Jaël Cantin a été retrouvée morte dans la nuit du 16 janvier 2020 était maculé de sang, et des éclaboussures rougeâtres ont été trouvées sur les murs et sur différents objets de sa chambre à coucher, dévoilent des photos de la scène de crime qui ont été présentées mardi au jury au 7e jour du procès pour meurtre prémédité de son conjoint Benoit Cardinal.

Sophie Fortin, la technicienne en identité judiciaire de la Sûreté du Québec (SQ) qui a pris les photos après le meurtre, a notamment présenté des clichés d’un berceau de bébé, qui se trouvait dans la chambre à coucher de la mère de six enfants, et sur lequel on aperçoit plusieurs taches de sang.

Un médaillon a été repéré sous le lit tout juste à côté de l’endroit où la victime de 33 ans a été retrouvée, et un papillon de boucle d’oreille a également été récupéré sur les taches de sang au sol. Un anneau métallique a été trouvé collé sur la peau du dos de la victime, a révélé la technicienne en scène de crime.

Deux empreintes digitales ont pu être relevées dans la chambre du couple, dont une a pu être analysée. « Elle ne concorde pas avec les empreintes de M. Cardinal, c’est exact ? » a demandé l’avocat de la défense, Me Ghassan Toubal, au palais de justice de Joliette. « Non, ça ne correspond pas aux empreintes de M. Cardinal », a répondu Sophie Fortin. Aucune correspondance n’a pu être établie pour cette empreinte.

Des photos de l’accusé prises à l’hôpital dans les heures ayant suivi le meurtre ont également été présentées devant la juge Johanne St-Gelais de la Cour supérieure. On y voit les blessures aux mains et au visage de Benoit Cardinal. « Il y a une rougeur qui s’apparente à du sang autour de ses ongles », a spécifié Sophie Fortin.

Recherches Internet et textos

En matinée, le policier Jacques Darisse de la Sûreté du Québec avait présenté le rapport d’extraction des données réalisé à partir du téléphone cellulaire de Benoit Cardinal. Le jury a ainsi appris que le 8 janvier 2020, soit huit jours avant le meurtre de Jaël Cantin, l’accusé a consulté une page Internet intitulée « Comment réaliser le crime parfait ? — Réaliser le meurtre parfait ? »

Quelques jours plus tôt, l’homme de 34 ans avait aussi consulté le Règlement sur les autorisations de port d’armes à feu à autorisation restreinte et de certaines armes de poing et le « Top 10 des façons insolites de tuer quelqu’un ».

Parmi les textos échangés entre Benoit Cardinal et Jaël Cantin en décembre, plusieurs font état des problèmes financiers que vivait le couple établi à Mascouche. « Tu as eu un défaut de paiement pour les assurances encore pour manque de fonds », lui écrit la mère de six enfants le 10 décembre.

Le 28 décembre, Jaël Cantin apprend que son conjoint est suspendu de son travail comme éducateur dans un centre jeunesse de Laval. « Tu aurais pu m’en parler non ? / Il me semble que c’est important et majeur », lui écrit-elle. Benoit Cardinal dit ne pas savoir pourquoi il est suspendu et maintient ne rien avoir à se reprocher.

« Si tu perds ta job on ne pourra pas joindre les 2 bouts… » mentionne deux jours plus tard la femme de 33 ans. « Je sais », lui répond Benoit Cardinal.

De la mi-décembre jusqu’à la nuit du meurtre, l’accusé passe beaucoup de temps sur des sites offrant des avances de fonds, des solutions « à vos problèmes de crédit » ou encore un « prêt rapide d’argent comptant ». Benoit Cardinal a aussi fait plusieurs recherches liées au suicide.

Le 7 janvier, l’homme de 34 ans demande un rendez-vous rapide à un psychologue. « Pcq jen ai de besoin vraiment [sic] », lui écrit-il.

Le 10 janvier, Benoit Cardinal assiste à une rencontre à son travail qui porte sur sa suspension. « Apparemment, tu dis aux gens que tu veux te suicider et que je dois t’apporter à l’hôpital », lui écrit sa conjointe. En soirée, l’accusé lui annonce avoir été congédié. Jaël Cantin offre alors son soutien à son conjoint : « On va te trouver autre chose… / La vie continue. »

Le logiciel qui a été utilisé par la SQ pour extraire les données du cellulaire de Benoit Cardinal a déterminé que 368 appels ont été effacés du registre d’appels et 567 textos ont été supprimés. « [Avec cet outil], on récupère des éléments supprimés, mais pas tous », a précisé le policier Jacques Darisse du module technologique de la SQ.

La nuit du 16 janvier 2020, les premiers répondants ont été appelés dans la résidence du chemin des Anglais à Mascouche pour une introduction par effraction ayant fait une victime. Dès le milieu de la journée, le statut de Benoit Cardinal est passé de victime à suspect. Jaël Cantin est morte d’un traumatisme à la tête causé par un objet contondant.

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