Québec donne le feu vert au projet de logements autochtone Mishtik à Roberval

Le projet de logement Mishtik, mis sur pied par le Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean, à Roberval, pourra aller de l’avant.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Le projet de logement Mishtik, mis sur pied par le Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean, à Roberval, pourra aller de l’avant.

Québec donne le feu vert au projet de logement Mishtik, mis sur pied par le Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean, afin de loger les Autochtones aux prises avec la pénurie de logements et la discrimination exercée par certains propriétaires.

Dans une lettre envoyée le 17 mars à la directrice du Centre d’amitié, Mélanie Boivin, la Société d’habitation du Québec (SHQ) confirme que 24 logements ont été retenus afin de réaliser le projet soumis à l’automne.

« On est vraiment contents, on est soulagés pour la population autochtone », a déclaré Mme Boivin. Elle espère que le projet pourra être prêt à l’été 2022. « On est à la veille de faire de la recherche de logements [pour le 1er juillet], mais, au moins, on se dit que c’est la dernière année qu’on va souffrir de ce manque de logements là », a-t-elle confié au Devoir.

À Roberval, où vivent plusieurs Atikamekw d’Obedjiwan et Innus de la communauté voisine de Mashteuiatsh, la quête d’un logement peut être difficile et mener à des situations de racisme, ont récemment confié des Autochtones au Devoir. Pour lutter contre ce type de discrimination, notamment documenté par le Groupe d’action contre le racisme, le Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean a développé le projet Mishtik — qui veut dire « arbre » en innu et en atikamekw.

La proposition, évaluée à 6 millions de dollars, permettrait de loger 24 familles autochtones dans des logements comprenant de trois à cinq chambres. Le Centre d’amitié a déjà fait l’acquisition du terrain où il souhaite construire ce milieu de vie « culturellement sécurisant », qui comprendrait notamment une structure d’escalade, ouverte à tous, afin de « rapprocher les peuples ».

Mishtik vise aussi à accommoder les familles nombreuses, plus fréquentes chez les Autochtones. L’offre actuelle de logements sociaux discrimine ces familles, puisque les logements offerts comportent peu de chambres et ne permettent la cohabitation des enfants que dans certaines circonstances précises.

Le Centre d’amitié autochtone du Lac-Saint-Jean dispose désormais de six mois pour soumettre les documents nécessaires à un « engagement conditionnel » de la part de la SHQ.

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