Un huitième féminicide est survenu en huit semaines au Québec

Égoportrait de Kataluk Paningayak (à gauche) et de sa fille Louisa Paningayak
Photo: Louisa Paningayak Égoportrait de Kataluk Paningayak (à gauche) et de sa fille Louisa Paningayak

Kataluk Paningayak-Naluiyuk aurait bel et bien été tuée par son conjoint violent la semaine dernière, à Ivujivik au Nunavik, a confirmé vendredi la Sûreté du Québec (SQ). Il s’agit du huitième féminicide à survenir en autant de semaines dans la province.

La mère de famille de 43 ans aurait été assassinée par son conjoint Peter Ainalik avant que l’homme de 44 ans s’enlève la vie. « Pour ce qui est de la cause des décès, il faudra attendre le rapport du coroner », a commenté la porte-parole de la SQ, Nancy Fournier.

Maman de six filles et grand-maman de deux enfants, Mme Paningayak-Naluiyuk était dans une relation abusive avec M. Ainalik, a affirmé plus tôt cette semaine à La Presse canadienne la sœur de la victime, Maggie Naluiyuk.

Selon cette dernière, âgée de 48 ans, mère de cinq enfants et elle-même victime d’une telle relation pendant 19 ans, sa sœur avait dû être transportée à Montréal à au moins deux reprises pour y être soignée.

Au Devoir mardi dernier, l’une des filles de Kataluk Paningayak-Naluiyuk, Louisa Paningayak, avait confié qu’elle avait dû secourir sa mère alors qu’elle se faisait battre par son conjoint en mars 2019.

« Je l’ai surpris en train de la battre. J’étais tellement en colère. J’ai réussi à l’arrêter, mais il a crié qu’il allait chercher son arme », a-t-elle relaté. « Nous sommes parties nous cacher dans une autre maison parce qu’on avait peur. Cette fois-là, [ma mère] a porté plainte. »

Peter Ainalik, qui traînait un lourd passé criminel, avait reconnu s’être livré à des voies de fait contre Kataluk Paningayak-Naluiyuk. Il avait écopé d’une peine de 709 jours de détention, selon des documents de cour.

À sa sortie du centre de détention, l’an dernier, l’homme a renoué avec sa mère, a raconté Louisa Paningayak. « Je supplie toutes les femmes dont le conjoint est violent de le laisser. Votre vie est importante, voyez ce qui est arrivé à ma mère, vous ne voulez pas que ça vous arrive », avait-elle insisté.

Avec Le Devoir

Si vous êtes victime de violence conjugale, contactez SOS Violence conjugale par téléphone, au 1 800 363-9010, ou sur le web, au sosviolenceconjugale.ca


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