Des témoins corroborent des dires de l’adolescente sur la préméditation du meurtre de Jaël Cantin

Des experts en sinistre circulaient à l’intérieur du périmètre érigé à proximité de la résidence de Mascouche où Jaël Cantin a perdu la vie. Une adolescente a déclaré que Benoit Cardinal lui avait confié ses plans pour tuer Mme Cantin.
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir Des experts en sinistre circulaient à l’intérieur du périmètre érigé à proximité de la résidence de Mascouche où Jaël Cantin a perdu la vie. Une adolescente a déclaré que Benoit Cardinal lui avait confié ses plans pour tuer Mme Cantin.

Au palais de justice de Joliette jeudi, des témoins sont venus corroborer certains éléments du témoignage rendu plus tôt cette semaine par l’adolescente à qui Benoit Cardinal, accusé du meurtre prémédité de Jaël Cantin, aurait confié ses plans pour tuer sa conjointe.

La jeune femme, qui était âgée de 16 ans au moment du meurtre de Jaël Cantin, entretenait une relation de proximité avec l’accusé, qui était éducateur dans le centre jeunesse de Laval où elle habitait.

Lors de son témoignage, l’adolescente — dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication — avait raconté avoir dormi dans la voiture de Benoit Cardinal stationnée à l’arrière de la résidence familiale de Mascouche le 9 janvier 2020, après qu’elle eut fugué du centre jeunesse. Le suspect l’aurait par la suite conduite dans un motel pour qu’elle y séjourne.

Jeudi, Alain Leblanc, propriétaire du motel Mascouche, a indiqué aux membres du jury que le nom de Benoit Cardinal figure dans le registre de l’établissement pour les nuits du 10 au 12 janvier. Selon le registre, la chambre 304 aurait été payée en argent comptant, comme soutenu par l’adolescente dans son témoignage.

Le témoin a également confirmé avoir dit à une jeune femme le matin du 12 janvier de quitter le motel après que celle-ci eut taché la salle de bain de la chambre avec de la teinture à cheveux rouge.

Un autre témoin, Marco Lespérance-Bossé, a raconté avoir croisé à ce moment une adolescente « en détresse » à l’extérieur du Tim Hortons situé à proximité du motel. « Elle avait l’air perdue, confuse. C’était quasiment écrit S.O.S. sur sa tête », s’est-il souvenu.

Marco Lespérance-Bossé est allé à la rencontre de l’adolescente pour lui offrir son aide. « Elle a pris mon cellulaire et a contacté un monsieur qui lui a dit qu’il venait la chercher », a rapporté le témoin. À son arrivée au Tim Hortons moins de 30 minutes plus tard, l’homme aurait appelé le témoin pour lui demander où se trouvait exactement l’adolescente.

Après sa journée de travail, Marco Lespérance-Bossé dit avoir composé le numéro qui avait été gardé en mémoire dans son téléphone pour s’assurer que l’adolescente était en sécurité. « Il m’a dit que tout était correct. »

Lors de son témoignage devant la juge Johanne St-Gelais de la Cour supérieure plus tôt cette semaine, l’adolescente avait raconté avoir appelé Benoit Cardinal, 34 ans, après avoir été chassée du motel.

Celui-ci l’avait par la suite conduite à Montréal, avait-elle indiqué. C’est à ce moment, dans la voiture de Benoit Cardinal, que l’accusé aurait fait part à l’adolescente de ses trois plans pour tuer sa conjointe de 33 ans, mère de ses six enfants : faire croire à un suicide, la pousser dans un escalier ou feindre un braquage à domicile.

L’accusé aurait par la suite reconduit l’adolescente chez des amis dans l’arrondissement de Verdun à Montréal. Cette amie — aujourd’hui âgée de 15 ans et dont l’identité est protégée par une ordonnance de non-publication — a raconté jeudi au jury que l’adolescente est arrivée chez elle à l’improviste. « Elle m’a dit qu’elle avait froid et faim », a-t-elle rapporté. L’adolescente affirme qu’elle dormait chez cette famille la nuit du meurtre, le 16 janvier 2020. L’avocat de la défense, Me Louis-Alexandre Martin, a cherché à établir que l’amie ne pouvait se souvenir avec exactitude des dates où l’adolescente était chez elle. Par ailleurs, en réponse aux questions de Me Martin, l’amie a indiqué que l’adolescente l’a contactée jeudi tout juste avant qu’elle témoigne devant le jury.

Examen de la voiture

L’enquêteur Éric Bouchard, de l’unité des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec à Mascouche, a également témoigné jeudi. Il a indiqué être allé récupérer la Dodge Caravan noire de Benoit Cardinal sous l’abri Tempo situé à l’arrière de la résidence familiale du chemin des Anglais à Mascouche le 2 mars 2020.

La vitre arrière du véhicule était alors fracassée. La SQ a effectué des expertises sur le véhicule, notamment pour trouver des traces d’ADN et des empreintes digitales sur des mégots de cigarettes, deux bouteilles d’eau, une bouteille de bière et de faux ongles récupérés dans le véhicule.

C’est dans le coffre de cette voiture que l’adolescente dit avoir dormi la nuit du 9 janvier. En contre-interrogatoire, l’enquêteur Éric Bouchard a toutefois reconnu qu’il est impossible d’établir le moment où les traces d’ADN et les empreintes ont été laissées à cet endroit. Il n’a pas donné les résultats de ces expertises.

Le procès reprendra mardi. Benoit Cardinal plaide non coupable.

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