Meurtre de Jaël Cantin: l’adolescente dit ne pas avoir été présente au moment du crime

Un périmètre de sécurité avait été érigé à proximité de la résidence du chemin des Anglais, à Mascouche, où la mère de famille Jaël Cantin est morte en janvier 2020.
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Un périmètre de sécurité avait été érigé à proximité de la résidence du chemin des Anglais, à Mascouche, où la mère de famille Jaël Cantin est morte en janvier 2020.

À la reprise du procès de Benoit Cardinal pour le meurtre prémédité de sa conjointe, mercredi matin au palais de justice de Joliette, l’adolescente avec qui l’accusé entretenait un « lien de confiance » a nié catégoriquement s’être trouvée dans la maison familiale de Mascouche la nuit où Jaël Cantin est décédée.

« Vous étiez présente chez Benoit Cardinal quand sa femme est morte, exact ? » lui a demandé l’avocat de la défense, Me Louis-Alexandre Martin. « Non », a répondu avec aplomb la jeune femme, dont une ordonnance de non-publication protège l’identité.

La défense a par la suite poursuivi le contre-interrogatoire serré de l’adolescente qui s’était amorcé la veille. Me Martin a cherché à démontrer que la jeune témoin, qui avait 16 ans au moment du meurtre, a caché à plusieurs reprises des informations aux enquêteurs.

Celle-ci a admis ne pas avoir dit aux policiers qu’elle avait en sa possession une tablette qui appartenait à la famille de Benoit Cardinal et Jaël Cantin. « [Mardi] vous avez mentionné que cette tablette-là, quand vous avez su l’histoire de l’introduction de domicile [l’hypothèse étudiée à l’origine pour le meurtre de Jaël Cantin], ça vous a fait paniquer de l’avoir et vous l’avez fait réinitialiser par [un ami]. Et malgré ça, vous dites que vous n’avez pas pensé dire aux policiers, le 21 février et le 9 mars, que vous aviez la tablette en votre possession ? » a lancé Me Martin. « Oui », a répondu la jeune femme au 5e jour du procès qui se déroule devant jury.

Mardi, Me Martin avait suggéré que l’adolescente avait fait réinitialiser la tablette pour ne pas que les policiers puissent déterminer qu’elle se trouvait sur les lieux du crime lorsque Jaël Cantin est décédée. « Pardon ? » lui avait répondu la jeune femme aujourd’hui âgée de 18 ans.

Peur

Interrogée en fin de matinée mercredi par la procureure de la Couronne Me Caroline Buist, la jeune femme a expliqué qu’elle n’avait jamais possédé de tablette jusqu’à ce moment. « J’étais jeune. Je me suis dit : “j’ai une tablette et elle est réinitialisée, je peux la garder” », a-t-elle justifié devant la juge Johanne St-Gelais de la Cour supérieure.

L’adolescente — qui a rencontré Benoit Cardinal dans le centre jeunesse de Laval où celui-ci travaillait comme éducateur — a aussi dit avoir eu peur d’être associée au meurtre survenu le 16 janvier 2020. « Parce que j’ai été chez Benoit [quelques jours avant le drame]. J’ai pris une douche. J’ai touché à des choses. […] Des traces de doigts et d’ADN, ça se met partout », a-t-elle fait valoir.

Elle a aussi raconté avec émotion avoir été rongée par les remords pour ne pas avoir alerté les policiers lorsque Benoit Cardinal, 34 ans, l’aurait mis au courant des trois plans qu’il avait élaborés pour tuer sa conjointe : faire croire à un suicide, la pousser dans les escaliers ou feindre une invasion de domicile. « J’ai regretté […] de ne pas avoir appelé la police pour dire ce qui s’était passé simplement parce que j’avais peur de me faire attraper parce que j’étais en fugue », a-t-elle dit.

Benoit Cardinal a plaidé non coupable à l’accusation de meurtre prémédité à l’endroit de sa conjointe Jaël Cantin, 33 ans, mère de six enfants. La victime est décédée d’un traumatisme à la tête causé par un objet contondant.

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