Une campagne sur les réseaux sociaux en soutien aux victimes de violence conjugale

Depuis le début de la pandémie, SOS violence conjugale, qui accompagne les victimes vers différentes ressources, observe une hausse des besoins.
Photo: iStock Depuis le début de la pandémie, SOS violence conjugale, qui accompagne les victimes vers différentes ressources, observe une hausse des besoins.

Dans la foulée des sept féminicides qui ont été commises en moins de deux mois au Québec, SOS violence conjugale a lancé dimanche soir une campagne sur les réseaux sociaux afin d’inviter le public à exprimer son soutien aux victimes ou sensibiliser leurs proches.

En quelques jours, l’organisme a créé avec l’agence Web Locomotive différents visuels que les internautes peuvent afficher sur leur compte Facebook et Instagram.

« Se sentir contrainte, restreinte, contrôlée, surveillée… C’est de la violence. Je suis là pour toi. » et « 7 féminicides en 7 semaines #pasundeplus » sont parmi les messages mis à la disposition du public sur le site de SOS violence conjugale.

L’objectif est notamment de lancer un cri du cœur pour que la population se mobilise en faveur des victimes de violence conjugale.

« On espère que plusieurs Québécois et Québécoises vont embarquer avec nous pour exprimer à leurs proches leur préoccupation sur ce problème et ouvrir une porte qui peut peut-être permettre à certaines victimes de demander de l’aide avant qu’il soit trop tard, avant qu’il y ait d’autres actes extrêmes de violence. On souhaite créer un filet de sécurité autour des victimes », mentionne Claudine Thibaudeau, travailleuse sociale responsable du soutien clinique chez SOS violence conjugale.

Les hommes peuvent aussi exprimer directement leur solidarité avec la bannière « Je suis ton ami, ton frère, ton père, ton voisin, ton collègue… Je suis là pour toi. » Ce message a également sa version féminine.

« On n’a pas assez demandé aux hommes de le dire qu’ils sont là pour les victimes, fait valoir Mme Thibaudeau. On le demande souvent aux femmes, elles se sentent peut-être plus concernées parce que la grande majorité des victimes demeurent des femmes, mais n’empêche, on est tous concernés. »

Selon la travailleuse sociale, cette publication adaptée pour les hommes peut également permettre de conscientiser leurs amis qui auraient eu des comportements violents.

Hausse des appels

Depuis le début de la pandémie, SOS violence conjugale, qui accompagne les victimes vers différentes ressources, observe une hausse des besoins. L’organisme a reçu 7000 appels de plus que durant l’année 2019-2020.

Le nombre de demandes s’est récemment accéléré en raison des récents drames rapportés dans les médias. La semaine dernière, l’organisme a souvent dépassé les 200 appels par jour alors que la moyenne quotidienne se chiffrait à 90 l’an dernier.

« Pour certaines victimes, ça leur fait réaliser le danger potentiel auquel elles sont exposées. Ça préoccupe aussi des proches qui nous appellent en disant j’ai peur que ma cousine, ma voisine, mon amie soit la prochaine statistique », mentionne Mme Thibaudeau.

En entrevue dimanche soir à l’émission Tout le monde en parle, la vice-première ministre et ministre de la Sécurité publique du Québec, Geneviève Guilbault, a évoqué que la violence conjugale relève aussi de la responsabilité collective.

« Il faut que le refus de la violence nous habite tous et chacun et qu’on décide qu’on va tout faire pour que ça cesse. Ça veut dire être attentif aux signes, aux signaux… », a-t-elle soutenu.

Mme Guilbault a de nouveau promis que son gouvernement donnera l’argent nécessaire pour aider dans leur mission les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence. Une série d’actions sera aussi mise sur pied pour lutter contre les crimes commis envers les femmes.

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