Jaël Cantin et son conjoint s’étaient disputés avant le drame

Jaël Cantin aurait été assassinée en pleine nuit à son domicile du chemin des Anglais, à Mascouche.
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir Jaël Cantin aurait été assassinée en pleine nuit à son domicile du chemin des Anglais, à Mascouche.

Benoit Cardinal et Jaël Cantin s’étaient disputés quelques heures avant le meurtre de la mère de six enfants, a raconté un témoin mineur à un policier. La vidéo de ce témoignage a été présentée au jury vendredi au deuxième jour du procès pour meurtre au premier degré de l’homme de 34 ans.

L’altercation — dont la nature exacte n’a pas été précisée — se serait produite dans un escalier, le soir avant le meurtre. « Tu aurais pu me tuer », aurait lancé Jaël Cantin, 33 ans, à l’endroit de son conjoint, selon le récit effectué par l’enfant à un enquêteur de la Sûreté du Québec, dans les heures ayant suivi le drame.

Benoit Cardinal aurait répondu à sa conjointe qu’il a simplement glissé dans les marches, ce qui n’aurait pas convaincu cette dernière. « Elle trouvait que c’était une excuse », a relaté l’enfant à l’enquêteur.

C’était des cris vraiment forts. Comme de quelqu’un qui se faisait attaquer.

 

Dans une seconde vidéo réalisée par l’enquêteur de la Sûreté du Québec avec une autre témoin mineure, celle-ci explique que des enfants se sont terrés pendant une heure dans la maison du chemin des Anglais à Mascouche la nuit du drame. Vers 3 h, plusieurs d’entre eux ont été réveillés par les cris de Jaël Cantin.

« C’était des cris vraiment forts. Comme de quelqu’un qui se faisait attaquer », a-t-elle confié au policier. Deux enfants ont alors ouvert la porte de la chambre du couple. « [Benoit Cardinal] n’avait rien encore dans le visage [pas de blessures]. » La jeune témoin a raconté que l’accusé a fermé la porte et demandé aux enfants de s’en aller.

On pleurait […] On entendait des boums. C’était vraiment fort.

 

Ceux-ci se sont regroupés dans une chambre. « On pleurait […] On entendait des boums. C’était vraiment fort », a-t-elle raconté. En sortant de la pièce vers 4 h du matin, des enfants ont vu Benoit Cardinal, le visage ensanglanté, couché au sol. Il leur aurait dit d’aller chercher de l’aide, a relaté la jeune témoin à l’enquêteur.

Une ordonnance de non-publication interdit la divulgation de l’identité des témoins mineurs.

Le procès de Benoit Cardinal a débuté jeudi au palais de justice de Joliette devant la juge Johanne St-Gelais de la Cour supérieure. Le procès, qui se déroule devant jury, devrait durer six semaines. L’ex-éducateur en centre jeunesse est accusé du meurtre prémédité de Jaël Cantin, décédée le 16 janvier 2020 dans sa résidence de Mascouche d’un traumatisme à la tête causé par un objet contondant.

La poursuite entend démontrer que l’accusé avait des ennuis financiers et qu’il vivait des tensions dans son couple. Benoit Cardinal a enregistré un plaidoyer de non-culpabilité. 

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