«Dis son nom» porte en appel la décision de la Cour supérieure

La décision rendue à la fin février par la Cour supérieure oblige les administratrices de la page à divulguer leur identité et à fournir à l’homme qui les poursuit l’ensemble des dénonciations reçues jusqu’en août 2020.
Photo: Catherine Legault Archives Le Devoir La décision rendue à la fin février par la Cour supérieure oblige les administratrices de la page à divulguer leur identité et à fournir à l’homme qui les poursuit l’ensemble des dénonciations reçues jusqu’en août 2020.

Les administratrices de la page « Dis son nom » portent en appel la décision rendue en février par la Cour supérieure les obligeant à divulguer leur identité et à fournir à l’homme qui les poursuit le nom des personnes qui l’ont dénoncé.

L’une des administratrices du site, Delphine Bergeron, est déjà sortie de l’ombre l’été dernier. Mais la seconde administratrice, identifiée par les initiales A.A., souhaite conserver son anonymat, puisqu’elle dit avoir été victime d’agression sexuelle.

Dans sa décision rendue en février, la juge Katheryne A. Desfossés de la Cour supérieure mentionnait que « si le législateur avait voulu que les victimes d’agressions sexuelles aient droit à l’anonymat en toutes circonstances, il l’aurait prévu expressément comme cela est le cas notamment en matière familiale ».

Jean-François Marquis, l’homme derrière la poursuite, réclame 50 000 $ en dommages moraux et punitifs aux administratrices de la page « Dis son nom » pour diffamation, en plus de demander la fermeture du site. Son nom s’était retrouvé sur leur liste de présumés agresseurs cet été, mais il maintient n’avoir rien à se reprocher.

La juge Desfossés a également ordonné en février aux administratrices de « Dis son nom » de dévoiler à M. Marquis le nom des victimes présumées qui l’ont dénoncé. « Considérant que les défenderesses entendent spécifiquement démontrer la véracité des reproches formulés par la ou les victimes alléguées de M. Marquis, il est évident que ce dernier doit savoir qui lui reproche quel geste », a écrit la juge.

La liste « Dis son nom » est constituée de centaines de noms d’« agresseurs potentiels », visés par des allégations d’inconduite sexuelle allant de paroles déplacées à des viols parfois reconnus par la justice. Les noms ont été publiés à la suite de dénonciations effectuées par des victimes présumées auprès des administratrices du site. La liste ne précise ni le contexte ni le nom de la victime.

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