​Centre de réadaptation de Baie-Comeau: la Commission des droits de la personne ouvre une enquête

Des éducateurs de l’établissement ont signalé des conditions de vie jugées anormales pour la quarantaine de jeunes résidents actuellement au centre de Baie-Comeau.
Photo: APTS Des éducateurs de l’établissement ont signalé des conditions de vie jugées anormales pour la quarantaine de jeunes résidents actuellement au centre de Baie-Comeau.

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a annoncé jeudi ouvrir de sa propre initiative une enquête pour de possibles manquements au respect aux droits des jeunes au Pavillon Richelieu, un centre de réadaptation de la Côte-Nord. Des éducateurs de l’établissement ont en effet signalé au Devoir des conditions de vie jugées anormales pour la quarantaine de jeunes résidents actuellement au centre de Baie-Comeau.

« La Commission a été informée de manquements dans les services et conditions de vie d’enfants, majoritairement autochtones, hébergés en centre de réadaptation. Une problématique de surpopulation serait également à l’origine de la non-scolarisation d’une quarantaine d’enfants », précise la Commission dans son communiqué publié jeudi après-midi.

La Commission rappelle qu’en 2013, dans le cadre d’une vaste enquête sur les services voués à la protection de la jeunesse sur l’ensemble du territoire de la Côte-Nord, elle constatait d’importantes lacunes à chacune des étapes de l’application de la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ).

« Ayant effectué un suivi rigoureux des 200 recommandations émises dans son rapport, la Commission avait alors constaté des progrès importants. Dans ce contexte, les faits aujourd’hui portés à l’attention de la Commission laissent croire que de nouvelles lacunes seraient observables au Pavillon Richelieu, un établissement du CIUSS de la Côte-Nord », ajoute-t-elle.

Contacté par le Devoir, l’attachée de presse du Cabinet du ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux a fait savoir que le ministre Lionel Carmant état au fait de la situation et cherchait actuellement des solutions pour remédier à la surpopulation du centre de réadaptation de Baie-Comeau.

« Notre priorité est d’offrir un hébergement privé sans délai à tous les jeunes qui ont une mesure ordonnée par le tribunal de la jeunesse. Depuis février 2020, le CISSS de la Côte-Nord travaille pour améliorer les services offerts à ces jeunes. Des rencontres ont lieu régulièrement, dont avec les syndicats concernés afin de suivre l’évolution de la situation et apporter des correctifs. Des démarches sont en cours afin d’augmenter la capacité d’accueil en centre de réadaptation et augmenter l’offre de service », a précisé Sarah Bigras, l’attachée de presse de M. Carmant.

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