Meurtre de Jaël Cantin: six enfants réveillés en panique

Jaël Cantin aurait été assassinée en pleine nuit à son domicile du chemin des Anglais, à Mascouche.
Photo: Marie-France Coallier Archives Le Devoir Jaël Cantin aurait été assassinée en pleine nuit à son domicile du chemin des Anglais, à Mascouche.

La nuit du meurtre de Jaël Cantin, six enfants ont accouru en panique vers 4 h du matin dans le logement de Gaétan Cantin, à Mascouche. « Ça cogne [à la porte], ça crie, ça hurle », a raconté M. Cantin, le père de la victime, au premier jour du procès pour meurtre au premier degré de son gendre, Benoit Cardinal. L’accusé de 34 ans a enregistré un plaidoyer de non-culpabilité au palais de justice de Joliette.

Le drame est survenu le 16 janvier 2020. « Les enfants étaient paniqués. L’image me réveille encore la nuit », a confié Gaétan Cantin devant la juge Johanne St-Gelais.

Le père de la victime a raconté s’être immédiatement précipité dans la résidence du couple. Il y a trouvé Benoit Cardinal immobile au sol, étendu sur le ventre.

Dans la chambre des parents, une porte donnant sur l’extérieur était ouverte, rapporte-t-il. Gaétan Cantin a dit se rappeler avoir jeté un coup d’œil vers la cour arrière, avant de refermer la porte.

« En me revirant, je vois le corps de ma fille étendu sur le dos [à côté du lit]. Une partie de son corps est nue. Il y avait du sang sous sa tête. C’était un bain de sang. »

La Couronne a fait entendre au jury l’appel que le père de la victime a passé au 911 dans les instants suivants. « C’est terrible. C’est pire que dans les films », indique-t-il. « [Les enfant] m’ont dit qu’il y a eu une intrusion dans la maison. »

Au cours de l’appel, on entend Benoit Cardinal gémir, pleurer et crier à l’arrière. « Ma fille, je suis sûre qu’elle est décédée », glisse M. Cantin à la répartitrice.

Après l’arrivée des policiers, Gaétan Cantin est remonté chez lui, au 2e étage de la maison multigénérationnelle, pour se rendre auprès de sa femme qui s’occupait des six enfants. « Je lui ai dit : faut se faire à l’idée que c’est Benoit. »

En contre-interrogatoire, l’avocat de la défense, Me Ghassan Toubal, a fait admettre au témoin qu’il était resté peu de temps dans le logement avant d’appeler le 911. « Probablement moins d’une minute », a convenu le père de la victime âgée de 33 ans.

« Et vous n’êtes jamais allé dans les autres sections [de la maison] ? Et même pas en haut ? », a poursuivi Me Toubal. « Non, pas du tout », a répondu le témoin.

Celui-ci a admis qu’il n’avait pas non plus monté les marches situées à l’extérieur pour regarder dans la cour arrière. Lorsqu’il est retourné chez lui au 2e étage, Gaétan Cantin a aperçu des traces de pas qui faisaient le tour de la piscine, a-t-il mentionné.

Geste planifié

Au cours du procès devant jury qui devrait durer six semaines, la Couronne fera entendre 35 témoins, dont 5 mineurs. Dans son exposé introductif, la procureure Me Caroline Buist a déclaré que la preuve démontrera que le meurtre de Jaël Cantin a « été planifié et prémédité ». L’accusé avait des soucis financiers et vivait des tensions dans son couple, a-t-elle avancé. Il avait quitté son emploi dans un centre jeunesse de Laval six jours avant le meurtre.

Quelques jours plus tôt, l’accusé a eu une « discussion révélatrice » avec une adolescente de 16 ans avec qui il entretenait un « précieux lien de confiance », a avancé Me Buist. Cette jeune fille fait partie des témoins qui seront entendus.

La victime est décédée d’un traumatisme à la tête causé par un objet contondant. « L’état des mains de Benoit Cardinal après le meurtre, ses blessures, les taches de sang sur ses vêtements […] suggèrent qu’il était à proximité de la victime quand elle se faisait frapper », a ajouté Me Buist.

La procureure a également annoncé qu’elle soumettra en preuve des recherches Internet effectuées par le suspect dans les semaines précédant le meurtre qui vont démontrer « ce qui lui occupait l’esprit ».

À voir en vidéo