25 juillet 1967 - Le discours de Montréal

Voici les principaux extraits du discours que le général de Gaulle a prononcé hier soir du balcon de l'Hôtel de ville de Montréal : "C'est une immense émotion qui remplit mon coeur en voyant devant moi la ville de Montréal française.

"Au nom du vieux pays, au nom de la France, je vous salue de tout mon coeur.

"Je vais vous confier un secret que vous ne répéterez pas. Ce soir ici et tout le long de la route, je me trouvais dans une atmosphère comme celle de la Libération.

"Et tout le long de ma route, outre cela, j'ai constaté quel immense effort vous accomplissez ici de progrès, de développement et par conséquent d'affranchissement'.

"Et c'est à Montréal qu'il faut que je le dise, car s'il y a au monde une ville exemplaire par ses réussites modernes c'est la vôtre et je me permets d'ajouter c'est la nôtre. Si vous saviez quelle confiance la France réveillée vous porte et quelle affection elle recommence à ressentir pour les Français du Canada".

Le général de Gaulle redit ensuite que la France se sent obligée de concourir à "votre marche en avant". Il évoque les accords signés "avec mon ami Johnson" pour que des "Français de part et d'autre de l'Atlantique travaillent ensemble à une même oeuvre française".

Ce concours, dit le général, la France est prête à l'accorder "un peu plus tous les jours".

"Elle sait qu'il lui sera rendu", ajoute-t-il et il prédit que les progrès du Canada français feront "l'étonnement de tous" et lui permettront un jour d'aider la France.

"Voilà ce que je suis venu vous dire ce soir. J'emporte de cette réunion inouïe un souvenir inoubliable. La France entière sait, voit, et entend ce qui se passe ici", conclut le général de Gaulle. "Vive Montréal, vive le Québec, vive le Québec libre (tonnerres d'applaudissements), vive le Canada français, vive la France".