Des funérailles ont rassemblé une centaine de personnes à Montréal

Selon les premières informations, le rassemblement s'est déroulé près d’un lieu de culte à Montréal, dans l’arrondissement Outremont.
Photo: Valérian Mazataud Archives Le Devoir Selon les premières informations, le rassemblement s'est déroulé près d’un lieu de culte à Montréal, dans l’arrondissement Outremont.

Les policiers ont été appelés à intervenir sur les lieux d’un rassemblement dimanche matin qui s’est déroulé près d’un lieu de culte à Montréal, dans l’arrondissement Outremont.

La police n’a toutefois pas distribué de contravention parce qu’à son arrivée, « les gens s’étaient déjà dispersés », a indiqué le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Selon les premières informations, une centaine de personnes étaient rassemblées lors de funérailles, ce que le SPVM a confirmé.

Certaines personnes ne portaient pas de couvre-visage et ne respectaient pas la distance de deux mètres avec autrui, comme le stipulent les mesures sanitaires pour lutter contre la pandémie de COVID-19. Un citoyen, témoin de la scène, a alerté les policiers de la situation.

« Un appel a été logé au 911 afin de souligner le rassemblement de plusieurs personnes lors d’un service funèbre extérieur à l’intersection des rues Hutchison et Saint-Viateur », a précisé l’agente Caroline Chèvrefils, porte-parole du SPVM, qui n’a pas confirmé s’il s’agissait d’une synagogue ou d’une église.

Le vice-président du Conseil des juifs hassidiques, Max Lieberman, a toutefois confirmé en entrevue qu’il s’agissait de funérailles de l’un des leurs.

Légal ou non ?

M. Lieberman a reconnu qu’ils étaient environ une centaine de personnes, mais il a insisté pour dire que tout s’était déroulé à l’extérieur, que tout le monde portait le masque et était à distance sécuritaire.

Il a ajouté que les policiers avaient été invités dans la synagogue pour constater qu’il n’y avait pas de funérailles à l’intérieur, et que c’est pour cette raison qu’ils sont partis.

M. Lieberman a assuré que tout était légal.

Or, selon l’avis de la Santé publique dans un palier d’alerte maximale, donc en zone rouge comme à Montréal, les activités organisées dans un endroit public sont interdites, sauf pour des funérailles, et encore là, le maximum permis est de 25 personnes. La tenue d’un registre des présences est aussi obligatoire pour le propriétaire des lieux.

Si les manifestations à l’extérieur sont permises, les mesures de distanciation sociale et le port du masque ou du couvre-visage sont obligatoires en tout temps.

Le porte-parole du SPVM a précisé que les policiers avaient visité « un lieu de culte à proximité » pour le « sensibiliser » aux ordonnances de la Santé publique.

Les policiers rédigeront maintenant un rapport qui sera soumis à la section de la moralité du SPVM, qui pourrait avoir recours à des images captées par des caméras de surveillance corroborant de possibles effractions. C’est la section de la moralité du SPVM qui fera le lien avec le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), si nécessaire, a expliqué la porte-parole du SPVM.

Le Conseil réagit à la décision du tribunal

Le Conseil des juifs hassidiques a par ailleurs réagi dimanche à la décision du tribunal, qui a rejeté sa demande de sursis concernant le couvre-feu.

Les demandeurs voulaient que le tribunal autorise les juifs hassidiques à sortir de chez eux pour aller prier jusqu’à deux heures et demie après le coucher du soleil. Le juge Brian Riordan a toutefois rejeté cette demande, estimant que cela pourrait mettre la santé publique en péril.

Dans un communiqué, le Conseil affirme qu’il a « pris acte » de la décision et qu’il est en train de « soupeser toute [ses] options ».

« Le Conseil invite tous les membres de ses différentes communautés à respecter les décrets gouvernementaux, comme nous le faisons depuis le début de cette terrible pandémie ayant toujours à l’esprit le bien commun », a-t-il déclaré dans un communiqué.

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