Des syndicats réunis devant la basilique Notre-Dame pour dénoncer leur employeur

Selon le syndicat, les employés sont mis à pied depuis le 13 mars 2020 et ils «demeurent dans l’obscurité totale quant à (leur) avenir».
Photo: Marie-France Coallier Le Devoir Selon le syndicat, les employés sont mis à pied depuis le 13 mars 2020 et ils «demeurent dans l’obscurité totale quant à (leur) avenir».

Les syndicats de travailleurs et d’employés de la basilique Notre-Dame et du cimetière Notre-Dame-des-Neiges se sont réunis devant la basilique Notre-Dame, à Montréal, samedi, pour dénoncer leur employeur qui, selon eux, a « profité de la pandémie » pour abolir des postes.

Les trois syndicats, qui sont affiliés à la Centrale des syndicats nationaux (CSN) estiment que la Fabrique Notre-Dame a éliminé des postes « pourtant essentiels à son fonctionnement ».

Hélène Godin, présidente du Syndicat des travailleuses et travailleurs de la Fabrique Notre-Dame–CSN, souligne que l’employeur a aboli 70 % des postes « alors que la réouverture éventuelle de la basilique ne fait aucun doute ».

Selon le syndicat, les employés sont mis à pied depuis le 13 mars 2020 et ils « demeurent dans l’obscurité totale quant à (leur) avenir ». Depuis le début de la pandémie, la basilique est ouverte pour les messes, mais pas les visites.

« Cet été, on sait qu’il y a eu un engouement pour le tourisme local, on sait que les gens ont voulu visiter leurs attractions, mais les gens ne pouvaient pas venir visiter Notre-Dame », a regretté Mme Godin en entrevue.

« Nous, on était prêts en tant que syndicat à faire des exceptions, puis de dire : “Oui on va rentrer, moins longtemps”. On s’est fait tasser du revers de la main. »

Quant à l’abolition des postes, selon elle, il serait tout simplement impossible pour la basilique de fonctionner sans ces employés. Par exemple, le poste de guide touristique a été aboli, alors que c’est lui qui doit accueillir les visiteurs.

« Ils ont aboli le poste de sacristine, ça, c’est la madame ou le monsieur qui s’occupe de laver les robes des prêtres. Il faut que quelqu’un les lave, ces vêtements-là », a-t-elle souligné.

Au cimetière Notre-Dame-des-Neiges, les employés déplorent la suppression de six postes de conseillers en préarrangements funéraires « au plus mauvais moment qu’il aurait pu choisir ».

Les travailleurs du cimetière, eux, disent ne pas avoir été rappelés par l’employeur de mars à juillet — dans un contexte où « ils avaient été reconnus en tant que travailleurs prioritaires et que leurs salaires étaient payés à 50 % par le gouvernement ».

« Alors que la COVID nous rend déjà la tâche difficile, notre propre employeur déstabilise notre milieu de travail, ce qui compromet notre capacité à soutenir les familles endeuillées dans cette étape importante de leur processus de deuil », a déploré dans un communiqué Éric Dufault, président du Syndicat des employées et employés de bureau du Cimetière Notre-Dame-des-Neiges–CSN.
 

Difficultés financières

La Presse canadienne a tenté de joindre la Fabrique Notre-Dame, sans succès.

En juin dernier, le directeur général de la Fabrique Notre-Dame, Jean-Charles Boily, et la directrice de la basilique Notre-Dame, Claudia Morissette, avaient interpellé dans une lettre les gouvernements pour l’aider à assumer les coûts de travaux de réfection de la basilique estimés à 30 millions $, avait rapporté « La Presse ».

Dans leur lettre consultée par le quotidien, ils affirmaient que les besoins financiers de la basilique avaient été « exacerbés » par la pandémie.

Ils ont écrit que l’aide financière des gouvernements est « indispensable pour assurer (la) survie (de la basilique) à court terme », selon la lettre citée par « La Presse ».

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