Plan ambitieux pour stimuler la relance économique à Wemotaci

Le principal employeur de la communauté est le conseil de bande, qui compte quelque 200 employés œuvrant à l’école et dans les autres services.
Photo: Conseil des Atikamekw de Wemotaci Le principal employeur de la communauté est le conseil de bande, qui compte quelque 200 employés œuvrant à l’école et dans les autres services.

Aux prises avec un important taux de chômage qui affecte particulièrement les jeunes, la communauté de Wemotaci se dote d’un ambitieux plan de relance économique qui compte un projet hydroélectrique et la construction d’une nouvelle auberge, d’une maison des aînés, d’un complexe sportif et culturel et d’un centre de développement social et de la main-d’œuvre.

« On veut participer à la relance économique du Québec et du Canada et nous sommes prêts : on a des projets en masse ! » lance Adam Jourdain, directeur général de la corporation de développement économique Nikanik, en entrevue au Devoir.

À Wemotaci, une communauté atikamekw d’environ 2000 résidents située près de La Tuque, en Mauricie, le taux de chômage est d’environ 50 %, selon les chiffres présentés par Maybelline Chilton, directrice du développement social et de la main-d’œuvre pour le Conseil des Atikamekw de Wemotaci, lors du lancement du plan de relance mercredi. Les plus touchés sont les jeunes de 15 à 34 ans, précise-t-elle.

« COVID-19 ou pas, notre taux de chômage est très élevé, si on le compare à celui de la région, qui est d’environ 8 %. »

Le principal employeur de la communauté est le conseil de bande, qui compte quelque 200 employés œuvrant à l’école et dans les autres services. Mais c’est loin d’être assez, note Adam Jourdain. Ainsi, la corporation Nikanik et le conseil de bande espèrent créer avec ce plan de relance 144 nouveaux emplois permanents, ce qui aura « un impact majeur » dans la communauté, selon M. Jourdain.

COVID-19 ou pas, notre taux de chômage est très élevé, si on le compare à celui de la région, qui est d’environ 8 %

 

« Le développement d’un individu passe par la fierté de ce qu’il accomplit dans la vie, affirme-t-il. Quand quelqu’un travaille, ça crée de la richesse et ça stimule la consommation. On le voit partout dans le monde, les statistiques sociodémographiques sont meilleures quand l’économie va bien. »

Plein de projets

Le plan est particulièrement « ambitieux », reconnaît avec fierté Adam Jourdain. Mais ce dernier se dit « avoir confiance » que la communauté saura mener à terme tous ces projets d’ici les prochaines années. « Le conseil sort d’un plan de redressement qui a duré plusieurs années. Nous avons maintenant des liquidités à investir. Et ces projets n’ont rien de farfelu, ce sont des projets qui répondent réellement aux besoins dans la communauté. »

Le projet de minicentrale électrique est déjà dans les plans depuis des années et a été approuvé par Hydro-Québec en 2019. Géré par la société en commandite Manouane Sipi, qui regroupe le Conseil des Atikamekw, la compagnie Kruger et la Ville de La Tuque, le projet de 122 millions devrait créer 200 emplois le temps de la construction. On estime que les revenus générés pour la communauté varieront de 250 000 à 1,6 million de dollars par année.

Le conseil veut également bâtir une scierie, une usine d’habitations préfabriquées et une auberge de 21 chambres qui permettra d’accueillir les touristes et les gens d’affaires.

Le conseil sort d’un plan de redressement qui a duré plusieurs années. Nous avons maintenant des liquidités à investir. Et ces projets n’ont rien de farfelu, ce sont des projets qui répondent réellement aux besoins dans la communauté.

 

Pour répondre aux besoins de la population, qui doit présentement se déplacer jusqu’à La Tuque ou Trois-Rivières pour plusieurs besoins de base, le conseil de bande et la corporation Nikanik veulent ouvrir un garage et des magasins à rayons vendant des biens et des produits de première nécessité.

Le plan de relance compte également plusieurs projets d’infrastructures communautaires et sociales, comme la construction d’une maison des aînés, qui comptera 20 chambres. « C’est un projet que les membres de la communauté désirent vraiment. C’est un besoin criant, énorme, qui est prioritaire pour le conseil », explique M. Jourdain.

La communauté espère également pouvoir se doter d’un complexe sportif et culturel qui abriterait un aréna, une piscine et une salle de spectacle.

Formation

Au cœur de ce plan de relance, il y a la création d’un centre de développement social et de la main-d’œuvre, où l’on pourra offrir différents types de formations professionnelles et de l’enseignement aux adultes.

« Il faut que les gens puissent être formés adéquatement pour les postes que l’on va créer », explique Adam Jourdain.

Ce projet est prioritaire, car « plus de 70 % de la population en âge de travailler est sans diplôme d’études secondaires », notait mercredi Maybelline Chilton, qui pilote le dossier. Le niveau d’éducation constitue, selon elle, « la barrière principale à l’emploi ».

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