Les Atikamekw se tournent vers l’ONU pour «obtenir justice» au nom de Joyce Echaquan

Les plaintes visent également à inciter Ottawa et Québec à mettre en œuvre le principe de Joyce.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Les plaintes visent également à inciter Ottawa et Québec à mettre en œuvre le principe de Joyce.

Les Atikamekw se tournent vers les Nations unies pour « obtenir justice » au nom de Joyce Echaquan, cette femme de Manawan morte sous les insultes racistes à l’hôpital de Joliette en septembre dernier.

« Il faut que le monde voie ce qui se passe au Canada avec les peuples autochtones », a affirmé le vice-chef de Manawan, Sipi Flamand, en entrevue avec Le Devoir jeudi.

Selon nos informations, les Atikamekw de Manawan déposeront lundi, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, des plaintes devant cinq instances des Nations unies. Ils demanderont à autant de rapporteurs spéciaux de déclarer que les droits de Mme Echaquan ont été brimés avant sa mort.

Les membres de la communauté de Manawan entendent demander à l’Organisation des Nations unies qu’elle enjoigne aux deux ordres de gouvernement de prendre des « mesures immédiates pour mettre fin à la discrimination systémique envers les femmes autochtones dans tous les services gouvernementaux ».

Les plaintes visent également à inciter Ottawa et Québec à mettre en œuvre le principe de Joyce. Ce principe, développé par le Conseil de la nation atikamekw et le Conseil des Atikamekw de Manawan après la mort de Mme Echaquan, vise « à garantir à tous les Autochtones un droit d’accès équitable, sans aucune discrimination, à tous les services sociaux et de santé ». Le gouvernement du Québec l’a salué, mais il refuse de l’adopter parce qu’il commande la reconnaissance du racisme systémique.

« On ne veut pas que ça reste sur les tablettes. On veut obtenir justice et on veut qu’il y ait du changement, qu’il y ait une reconnaissance du racisme systémique et qu’à la suite de cette reconnaissance-là, il y ait des travaux qui se fassent pour apporter du changement dans le système de la santé », a expliqué le vice-chef de Manawan.

La démarche dont il se fera le porte-parole doit être annoncée vendredi. Elle a été faite en consultation avec des avocats, des familles et des membres de la communauté atikamekw. Les plaintes, explique M. Flamand, visent à attirer l’attention internationale sur le cas de Mme Echaquan, à l’approche du forum annuel des Nations unies sur les peuples autochtones.

Les plaintes seront déposées devant cinq rapporteurs spéciaux : sur la violence à l’égard des femmes, sur les droits des peuples autochtones, sur le droit de toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible, sur les questions relatives aux minorités et, enfin, sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie.

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