Le passeport vaccinal divise au Québec comme au Canada, montre un sondage

Jeudi dernier, le ministre Christian Dubé avait indiqué que Québec se préparait à créer «à court terme» un passeport de vaccination pour permettre à ceux qui seront inoculés contre la COVID-19 de visiter certains lieux publics.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Jeudi dernier, le ministre Christian Dubé avait indiqué que Québec se préparait à créer «à court terme» un passeport de vaccination pour permettre à ceux qui seront inoculés contre la COVID-19 de visiter certains lieux publics.

L’idée que le gouvernement mette en place un passeport vaccinal qui serait exigé pour accéder à certains lieux ou certaines activités publiques divise la population, montre un sondage Léger réalisé pour l’Association d’études canadiennes (ACE). Au Québec comme au Canada, une courte majorité des répondants la soutienne.

Selon le coup de sonde réalisé en ligne entre le 25 et le 27 février, 52 % des 1532 répondants à travers le Canada ont indiqué être d’accord « pour que le gouvernement canadien adopte un système similaire [à celui d’Israël] pour l’intégration [d’un passeport de vaccination] dans certaines activités publiques ». À l’inverse, 35 % y sont opposés, et 14 % ne savent pas.

Dans la question, les sondeurs expliquaient aux répondants que « l’État d’Israël a fourni des badges verts avec des code-barres aux personnes qui ont été vaccinées pour leur permettre d’accéder aux lieux publics (musées, théâtres, etc.) », et que les « personnes non vaccinées n’auront pas accès à ces lieux ».

Au Québec (l’échantillon se limite à 359 répondants), on note des résultats semblables à ceux du national: 52 % d’appuis, 38 % d’opposition, et 10 % de gens qui ne savent pas.

Québec réfléchit

Jeudi dernier, le ministre de la Santé, Christian Dubé, avait indiqué que Québec se préparait à créer « à court terme » un passeport de vaccination pour permettre à ceux qui seront inoculés contre la COVID-19 de visiter certains lieux publics.

« C’est l’objectif, avait-il dit. C’est exactement ce que j’ai demandé à la Santé publique. » Il avait affirmé que « tous les outils dont on va pouvoir se servir comme mesures sanitaires sont importants. Ça, c’en est un, mais il va falloir le mettre en place et il va falloir être capables de s’assurer qu’il est pratique. »

Mais plusieurs avaient alors appelé le gouvernement à la prudence, soulignant les enjeux éthiques liés à l’utilisation d’un tel document. La question divise aussi la Commission européenne (qui présentera le 17 mars un projet de « passeport vert » numérique attestant d’une vaccination contre la COVID-19 ou de tests négatifs pour voyager plus librement).

Québec a depuis envoyé des signaux comme quoi on ne visait pas une utilisation aussi étendue qu’en Israël. En point de presse mardi, Christian Dubé a ainsi tenu à « rappeler l’objectif de cette preuve de vaccination. Il s’agit seulement d’une opération numérique du registre de vaccination qui existe déjà. Il n’y aura pas d’intrusion dans la vie des gens. C’est rien de nouveau […]: on a déjà remis une preuve vaccinale aux gens qui voulaient prendre l’avion. Tout ce qu’on fait, c’est de prendre ça et de le rendre digital. »

Le sondage Léger a été mené en ligne, et ne comporte donc pas de marge d’erreur officielle. Mais un échantillon probabiliste de la même taille aurait une marge d’erreur de 2,5 points, dans 19 cas sur 20.

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