Le Port de Québec salue la décision d’Ottawa à Contrecoeur

Le gouvernement Trudeau a annoncé qu’il donnait son feu vert au projet de terminal à Contrecœur en dépit de la menace qu’il représente pour l’habitat essentiel du chevalier cuivré. Sur notre photo: un terminal de conteneurs au port de Montréal.
Photo: Jacques Nadeau Archives Le Devoir Le gouvernement Trudeau a annoncé qu’il donnait son feu vert au projet de terminal à Contrecœur en dépit de la menace qu’il représente pour l’habitat essentiel du chevalier cuivré. Sur notre photo: un terminal de conteneurs au port de Montréal.

Les deux projets ont beau être perçus comme des concurrents, les promoteurs de Laurentia à Québec se sont réjouis publiquement mardi du feu vert donné au terminal de Contrecœur.

« C’est une excellente nouvelle que la réalisation du terminal Contrecœur », a réagi l’Administration portuaire de Québec (ADMQ) mardi. À ses yeux, « l’accroissement des échanges maritimes mondiaux » rend possible la cohabitation des deux projets de conteneurs.

« Tous les projets de développement sur le Saint-Laurent nous permettront de mieux concurrencer la forte compétition des ports américains », a fait valoir l’organisation par courriel.

Le gouvernement Trudeau a annoncé lundi soir qu’il donnait son feu vert au projet Contrecœur en dépit de la menace qu’il représente pour l’habitat essentiel du chevalier cuivré, une espèce de poisson en voie de disparition du Saint-Laurent.

Le terminal nécessitera des investissements de 750 millions de dollars et on estime que plus d’un million de conteneurs et jusqu’à 2400 camions chaque jour y transiteront chaque année.

Or, le Port de Québec a aussi son « Contrecœur » : un projet de terminal en eaux profondes baptisé Laurentia. Des investissements de 775 millions de dollars et un roulement annuel de 700 000 conteneurs y sont associés.

Laurentia continue de faire débat

Dans le passé, le maire de Québec, Régis Labeaume a souvent opposé les deux projets. « Le problème qui nous préoccupe dans le projet Laurentia est que le Port de Montréal tente par tous les moyens de tuer ce projet », avait-il dénoncé l’automne dernier sur les réseaux sociaux.

À Québec, l’appui affiché du maire au projet Laurentia lui a par ailleurs valu de nombreuses critiques lundi soir lors de la séance du conseil municipal. Dans les rangs de l’opposition, on s’expliquait mal comment cet appui pouvait se concilier avec la nouvelle Stratégie de développement durable de la ville.

« Il faut que les bottines suivent les babines », a lancé le conseiller de Québec 21, Patrick Paquet. « C’est bien beau présenter un plan, mais est-ce que le maire peut au moins être conséquent envers ce qu’il nous présente. […]. C’est le premier à défendre le projet Laurentia. Le projet Laurentia ne rentre pas du tout, ne concorde pas du tout avec la présentation que nous avons eue jeudi ».

Le maire lui a rétorqué que la Stratégie de développement durable concernant les activités de la Ville alors que Laurentia relevait d’Ottawa. Sans réitérer son appui au projet, il a dit attendre les résultats finaux de l’évaluation du projet par l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC).

Une première mouture — très critique — de l’évaluation a été rendue publique en novembre. Puis, en janvier, les dirigeants du Port ont demandé que le processus de consultation soit repoussé afin de leur donner le temps de convaincre la population de la qualité de son projet.

Plus récemment, des groupes de citoyens ont pressé le gouvernement Legault de tenir un Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE) pour évaluer les conséquences du projet sur les quartiers voisins du Port en termes de transport routier et ferroviaire.

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