Les récoltes retardent de cinq à sept jours

Québec — Les récoltes dans l'ensemble du Québec sont en retard de cinq à sept jours; de deux semaines au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Un retard qui est attribuable à un printemps froid, aux pluies des dernières semaines et à des nuits d'été sous la barre des 10 degrés Celsius. Dans ce tableau, la région de Québec a été durement touchée.

«Dans certains cas, la perte de revenus bruts des cultivateurs sera de 30 à 50 %», a indiqué Francis Côté, le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA) de la Côte-de-Beaupré, dans la région de Québec.

Sans protection

Le problème des maraîchers de la Côte-de-Beaupré, explique encore Francis Côté, c'est qu'ils ont de petites terres qui s'accommodent bien d'une production diversifiée. Ici, on pratique vraiment une agriculture de marché: oignons, haricots, choux, laitues, tomates, pommes de terre, betteraves. Or, pour bénéficier d'une assurance agricole, le producteur doit cultiver au moins un hectare de chaque légume. Résultat: les producteurs de la Côte-de-Beaupré ne satisfont pas à ces critères et vivent donc pour la plupart sans protection. «Généralement, ils arrivent toujours à s'en tirer, de préciser M. Côté, mais cette fois, la situation est exceptionnelle. Les vieux cultivateurs du coin nous disent qu'ils n'avaient jamais vu ça de leur vie.»

En effet, à une semaine d'intervalle, deux inondations — la première avait laissé 50 mm d'eau en deux heures — ont charrié toute la couche fertile des terres agricoles vers le fleuve. «Il y avait des grandes coulées de boue partout, rapporte M. Côté. Des cultures entières ont été emportées. Maintenant que le bon sol est parti, il faudra attendre au moins 5 à 10 ans avant de retrouver les mêmes

rendements.»

À la Fédération des producteurs maraîchers du Québec, la directrice Louise Tardy confirme que la région de Québec a été très éprouvée par la température. La pluie y a fait des dommages plus qu'ailleurs, ajoute-t-elle.

Malgré tout, Mme Tardy affirme que, dans l'ensemble du Québec, les récoltes seront meilleures que l'an dernier. Il ne faut pas croire que la saison est perdue, même pour ceux qui ont subi des inondations, poursuit la directrice. Le gros des légumes arrivent généralement en août. Et tous nos indicateurs confirment que l'offre sera excellente. Ce qui devrait, selon elle, influencer favorablement les prix aux consommateurs.