La famille de Nancy Roy demande que justice soit rendue

Rencontrée par «Le Devoir» devant le Grand Château, l’ancien hôtel patrimonial converti en immeuble à logements où résidait Nancy Roy, sa mère explique qu’elle n’était plus en couple avec l’accusé.
Photo: Améli Pineda Le Devoir Rencontrée par «Le Devoir» devant le Grand Château, l’ancien hôtel patrimonial converti en immeuble à logements où résidait Nancy Roy, sa mère explique qu’elle n’était plus en couple avec l’accusé.

Nancy Roy était convaincue d’avoir réussi à mettre fin à sa relation toxique avec son ex-conjoint Jean-Yves Lajoie, accusé mercredi de l’avoir tuée dans son logement de Saint-Hyacinthe. Sa famille implore les victimes de violence conjugale de chercher de l’aide avant qu’il ne soit trop tard.

« Je lui ai parlé le matin même », raconte d’une voix éteinte la mère de la victime, Ghislaine Roy. Au lendemain du meurtre de sa fille, la dame peine encore à croire ce qui s’est produit. Chaque matin, les deux femmes avaient pris l’habitude de se téléphoner pour prendre de leurs nouvelles.

« [Le jour du drame], elle m’a dit qu’elle s’en allait faire son lavage. Sa porte était toujours barrée, alors je ne sais pas comment il a fait pour rentrer. Selon moi, il a dû attendre qu’elle sorte », avance celle qui promet de continuer à veiller sur les deux enfants de sa fille.

Rencontrée par Le Devoir devant le Grand Château, l’ancien hôtel patrimonial converti en immeuble à logements où résidait Nancy Roy, sa mère explique qu’elle n’était plus en couple avec l’accusé. « Ils s’étaient laissés, mais comme ils restaient dans le même bloc, c’était un gros problème », concède sa mère.

Jean-Yves Lajoie a été accusé du meurtre non prémédité de la femme de 44 ans. Il résidait dans un logement au premier étage de l’immeuble, tandis que la victime demeurait au quatrième. C’est une voisine qui aurait alerté les autorités après avoir entendu des appels à l’aide, a témoigné mardi le concierge de l’immeuble au Journal de Montréal. Les policiers sont arrivés sur les lieux vers 8 h et ont trouvé le corps de Nancy, qui portait plusieurs traces de violence.

Pandémie ou non, aucune femme ou aucun homme ne doit demeurer dans une relation toxique

 

Ghislaine Roy se trouvait à quelques rues de chez sa fille lorsqu’elle a vu une ambulance filer à vive allure. « J’ai débarqué pour aller chez ma coiffeuse et j’ai vu une ambulance avec les sirènes. J’ai eu une mauvaise impression. J’ai essayé de lui texter, mais elle ne me répondait pas ; alors, j’ai essayé de l’appeler et elle ne répondait pas non plus », laisse-t-elle tomber. Elle a finalement téléphoné au concierge, qui lui a appris que Nancy venait de partir en ambulance et que les policiers étaient chez elle. « Je me suis dépêchée pour aller à l’hôpital. Ils ont essayé de la réanimer, mais il n’y avait plus rien à faire », souffle Ghislaine Roy, encore sous le choc.

Elle décrit l’accusé de 57 ans comme un homme jaloux et possessif. « Ma fille vivait dans le stress. Elle ne pouvait pas parler avec quelqu’un sans qu’une crise éclate [avec son ex-conjoint] et qu’il veuille aller retrouver la personne », explique-t-elle. « Parfois, on pense qu’on va s’en sortir parce qu’on ne peut pas s’imaginer que ça puisse en venir à quelque chose d’aussi grave, mais il ne faut pas hésiter à accepter de l’aide », insiste la mère de Nancy Roy.

Le frère de la victime tient également à rappeler qu’il faut à tout prix éviter que la pandémie ne devienne un obstacle pour les personnes qui subissent de la violence conjugale. « Pandémie ou non, aucune femme ou aucun homme ne doit demeurer dans une relation toxique. Ne pas hésiter à aller chercher de l’aide lorsque le besoin est là, ou que l’entourage nous fait part de leurs inquiétudes envers la relation avec notre partenaire », écrit Maxime Roy-Patry dans une déclaration envoyée au Devoir.

Parfois, on pense qu’on va s’en sortir parce qu’on ne peut pas s’imaginer que ça puisse en venir à quelque chose d’aussi grave, mais il ne faut pas hésiter à accepter de l’aide

 

La famille de Nancy Roy espère que justice soit rendue et que l’accusé soit condamné. « Je fais confiance au travail des enquêteurs. Ils ont travaillé fort, alors j’espère vraiment que justice soit rendue parce que ma fille ne méritait pas ça du tout », déclare Ghislaine Roy.

M. Lajoie, qui n’a pas d’antécédents judiciaires, demeurera détenu jusqu’à son retour en cour, prévu le 12 mars.

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