En Alberta, une partie de hockey dure près de 10 jours pour lutter contre le cancer

Un record qui permettra de financer des tests sur des patients, après la découverte en janvier d’un médicament contre le cancer, le PCLX-001.
Photo: Courtoisie Un record qui permettra de financer des tests sur des patients, après la découverte en janvier d’un médicament contre le cancer, le PCLX-001.

Pendant 252 heures, une quarantaine de joueurs se sont relayés, pour jouer une partie de hockey du 4 au 13 février, à Sherwood Park, près d’Edmonton, et ce, dans un froid polaire, en pleine pandémie. Un record qui permettra de financer des tests sur des patients, après la découverte en janvier d’un médicament contre le cancer, le PCLX-001.

De bons samaritains n’ont pas hésité à chausser leurs patins pour la bonne cause et défier le vortex polaire qui a soufflé durant 10 jours sur la province. « Des températures frigides en Alberta qui variaient de - 21 à - 40 avec le facteur vent et de - 55 à -70 avec le facteur de refroidissement », relate le Dr Luc Berthiaume, chercheur au Département de biologie cellulaire à l’Université en Alberta.

Malgré des conditions météorologiques démentielles et une recrudescence des variants dans la province, le Dr Brent Saik, lui, n’a pas eu froid aux yeux. C’est sur son initiative qu’il décide de rassembler une quarantaine de joueurs (39 hommes et 1 femme), soit deux équipes de 20, où les participants se sont relayés, pour pulvériser ce record singulier, mais qui force le respect : jouer durant 252 heures d’affilée. Une prouesse qui requiert un certain sens de la logistique et de l’endurance.

Logistique et abnégation

Les parties se sont déroulées sur une patinoire extérieure dans le quartier de Sherwood Park, près d’Edmonton. « Elles duraient 50 min, avec un intermède de 10 min pour refaire la surface de glace pendant que les joueurs rentraient pour se réchauffer », décrit Luc Berthiaume, impressionné par la persévérance et la détermination des joueurs.

Mais, jouer à de telles températures ne s’est pas fait sans casse, ni quelques sacrifices. Au fil du jeu, des heures, voire des jours, la partie de hockey a pris, par moment, des allures de champ de bataille.

On ne compte plus, lors du match, les lames de patins littéralement cassées, les rondelles pulvérisées, les jambières de gardien fissurées et les morceaux de casques qui sont parfois aussi tombés.

À l’issue du match, l’équipe de la Team Hope a gagné, enregistrant le score de 2649 buts contre 2520 pour la Team Cure.

 Le match retransmis sur le site worldlongestgame.ca a engagé nombre d’Albertains à faire un don pour financer les tests cliniques de l’Université de l’Alberta. Au final, leurs efforts ont fini par payer.

« Ils ont amassé 1,84 million pour nos études cliniques, dont 1,5 million est parti immédiatement pour étudier les effets du nouveau médicament, PCLX-001, chez les humains au Breast Cancer Institute », explique le Dr Berthiaume.

Le PCLX-001, c’est le médicament sous forme de gélule qui devrait être administré à une soixantaine de patients, au printemps prochain, sous la supervision de John Mackey, professeur au Département d’oncologie de l’Université d’Alberta et directeur de l’unité d’essais cliniques.

Selon leurs calculs, les frais totaux pour les études cliniques qui seront réalisées, en mai, à Edmonton, représentent un coût de 2,7 millions. « Ils ont réussi à rassembler plus de la moitié de la somme », s’exclame le chercheur au Département de biologie cellulaire à l’Université de l’Alberta.


Pour rappel, ces huit dernières années, la Fondation du cancer de l’Alberta et la Fondation pour le traitement du cancer ont déjà récolté près de 8 millions de dollars  « Il nous faudrait 10 millions supplémentaires pour finir les études cliniques », avait déjà expliqué, en janvier, au Devoir, Luc Berthiaume.

Aujourd’hui, « transformer une découverte en laboratoire, en application chez les patients, c’est une entreprise énorme qui coute énormément d’argent. Le 1,5 million paiera tous les coûts associés à l’administration du composé chez les patients, l’observation des patients, tous les scanners qu’ils ont faits pour voir l’effet sur les tumeurs, les tests de sang, d’urine, vérifier l’efficacité du médicament et les potentiels effets secondaires », explique le chercheur.

Cependant, il reste encore du chemin à faire, soit récolter 6,5 millions supplémentaires, bien que le 1,5 million confère, aujourd’hui, à l’Université de l’Alberta une certaine autonomie pour le début de ces tests.

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