Mission de six mois en Afghanistan - Des soldats canadiens reviennent émus au pays

Québec — Retrouvailles familiales émouvantes hier pour 122 soldats canadiens de retour à Québec au terme d'une mission de plusieurs mois à Kaboul, en Afghanistan.

«Je suis content de sentir enfin l'air du Québec», a lancé un soldat, tout sourire, aussitôt descendu de l'Airbus 310 des Forces armées canadiennes qui s'est posé à 9h38 sur la piste de l'aéroport international de Québec.

Ces 122 militaires faisaient partie du contingent de 1800 soldats partis en janvier et février derniers à Kaboul pour rejoindre la Force internationale d'assistance à la sécurité (FIAS).

Attachés pour la plupart à la base de Valcartier, près de Québec, les militaires envoyés en sol afghan sont rapatriés graduellement depuis le début de juillet.

Il seront tous rentrés au pays d'ici le mois d'août, a précisé le porte-parole des Forces canadiennes, le major Mario Couture.

Mais pour ceux qui sont débarqués hier, c'était la joie des retrouvailles en famille, et parfois l'occasion de cajoler enfin le dernier-né.

«Je vais pouvoir la voir grandir!», a dit Simon Boies, retrouvant sa conjointe Christine Gincereau et leur petite fille Mia, née il y a à peine deux mois.

M. Boies avait tout de même eu la chance de revenir au Québec quelques jours, le temps d'assister à l'accouchement de sa compagne.

Nerveux

«J'étais nerveux de revenir, a pour sa part reconnu Sébastien Balleux, dont la conjointe est sur le point d'accoucher. Il y a toujours un certain stress. J'ai manqué la grossesse de ma compagne et j'avais hâte de voir comment les choses allaient.»

De leur côté, les jumeaux Steven et Brian Gabanna, huit ans, de même que leur grand frère Kevin, 11 ans, étaient bien heureux que leur père rentre enfin à la maison pour remettre de l'ordre dans les relations fraternelles.

«Je suis content de le revoir, a commenté Kevin. Quand il n'est pas là, on se chicane tout le temps entre frères.»

D'autres couples, moins occupés par des obligations familiales, se promettaient des moments intenses, de grande intimité. «Je ne vous dirai pas ce que nous ferons, mais c'est sûr que je lui réserve toute une surprise!», a dit, dans un éclat de rire, une jeune femme, pressée de rentrer à la maison avec son amoureux.

Si les militaires ont souffert de l'éloignement et du dépaysement, ils ne semblaient pas avoir été trop secoués par leur expérience dans la capitale afghane, une région où les tensions politico-religieuses demeurent vives depuis la fin du régime islamique des talibans en 2002. «Ça "chambranlait" un peu parfois, mais en général, ce n'était pas si mal. La situation est assez stable et ça s'est bien passé», a dit l'un d'eux.

Essor économique

Le caporal Alain David était du même avis. «Non, ce n'est pas si pire que ça, pas si pire du tout», a-t-il insisté.

La stabilité et la sécurité assurées par la FIAS ont d'ailleurs permis à la ville de Kaboul de connaître un essor économique, a ajouté le major Mario Couture.

Le contingent canadien, le plus important de la FIAS, avait pour tâche d'assurer le maintien de la paix à Kaboul.