La censure dans les universités québécoises préoccupe François Legault

Le premier ministre estime que la situation va «trop loin» et qu’elle est en train de «déraper».
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Le premier ministre estime que la situation va «trop loin» et qu’elle est en train de «déraper».

Inquiet de voir « une poignée de militants radicaux » essayer de censurer certains mots ou des œuvres dans les universités, le premier ministre François Legault dit que son gouvernement se penche sur ce problème pour protéger la liberté d’expression universitaire.

Dans un texte publié samedi matin sur sa page Facebook, M. Legault estime que la situation va « trop loin » et qu’elle est en train de « déraper ».

« La liberté d’expression fait partie des piliers de notre démocratie. Si on se met à faire des compromis là-dessus, on risque de voir la même censure déborder dans nos médias, dans nos débats politiques. On ne voudra plus rien dire », a-t-il écrit.

Le premier ministre québécois a évoqué le fait que des professeurs se sont fait demander d’effacer des œuvres d’écrivains et qu’une chargée de cours a été dénoncée et harcelée pour avoir utilisé les mots homme et femme. Lui-même a fait l’expérience à l’automne, rappelle-t-il, des militants ayant voulu censurer ses suggestions de lecture parce qu’il avait proposé un livre de Mathieu Bock-Côté.

« Ce qui est vraiment inquiétant, c’est que de plus en plus de gens se sentent intimidés. Ils se sentent forcés de s’autocensurer, de peur de se faire insulter et dénoncer sur la place publique », a fait valoir M. Legault.

Selon lui, le problème est parti des universités. « Et je pense que c’est là qu’on va devoir le régler en premier. La ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, est en train de se pencher là-dessus avec les milieux universitaires pour agir rapidement », mentionne l’élu caquiste qui souhaite que les universités soient des lieux de débats respectueux.

S’il reconnaît que des mots peuvent blesser, une ligne entre censure et blessure doit être tracée pour ne pas sacrifier la liberté d’expression.

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